« Impliquer les citoyens en bousculant les schémas de gouvernance » Pour une économie du bien vivre : Episode 6 par Camille Morel

 Impliquer les citoyens est l’objectif de Camille Morel et cela passe par le bousculement des schémas de gouvernance !

Pour bien commencer la rentrée 2019, nous avons demandé à l’équipe Crois/Sens de dire ce qui les motive à créer une économie du bien vivre pour, par et avec les citoyen.ne.s.

Camille Morel est responsable du programme de recherche et de la boucle CitéoMédia qui vise à impliquer les citoyens grâce à sa compétence clé de docteur en Urbanisme et Aménagement de l’espace.

Impliquer les citoyens

Son témoignage :

« Mon objectif est de bousculer les schémas de gouvernance trop datés qui excluent les citoyens de la décision. Mon travail de recherche depuis 8 ans s’articule autour des enjeux de participation citoyenne et vers la recherche de nouveaux modes et de nouvelles méthodes pour impliquer les citoyens dans le débat public. Avec CiteoMedia, nous proposons une méthode pour faire des habitants des relais locaux de la co-innovation et ainsi leur faire prendre conscience de leur pouvoir d’agir. »

Camille coordonne nos travaux de recherche-action, elle a synthétisé nos partis-pris tout mis dans un guide dont on vous parle ici.

Présentation :

Camille est chargée de recherche Expérimentation citoyenne chez Crois/Sens depuis janvier 2017. Docteure en urbanisme et aménagement, elle a rédigé une thèse sur la participation citoyenne et le rôle du débat dans les projets d’aménagement. En charge du pôle « recherche » de Crois-Sens, elle travaille à l’élaboration d’une méthode de mobilisation citoyenne pour innover ensemble dans chaque territoire dans la co-innovation. Elle est chercheure associée au Laboratoire Environnement, Ville, Société de l’Université de Lyon.

Références pour en savoir plus :

EZVAN Cécile, MOREL Camille et POULAIN Sebastien, « Le territoire et ses ressources : un commun comme un autre ? L’étude de la gouvernance d’une SCIC de développement local dans les Vosges », in Cécile Renouard et Swann Bommier (sous la direction de), « Entreprises et communs », Entreprise & société, n°6, 2019 (à paraître)

MOREL Camille, « ‘‘L’espace public nous appartient à tous !’’ : une mobilisation pour un espace public plus inclusif », dans Citoyenneté en ville, Gülçin Erdi & Hervé Marchal (sous la direction de), Presses Universitaires François Rabelais, 2018, pp. 45-60

MOREL Camille, « La récupération de l’espace public à travers sa définition. Repenser le conflit urbain à partir du projet de réaménagement du parc Lezama à Buenos Aires », L’espace en partage. Approche interdisciplinaire de la dimension spatiale des rapports sociaux, dans Yves Bonny, Nicolas Bautès et Vincent Gouëset (sous la direction de), Presses Universitaires de Rennes, Collection Géographie sociale, Rennes, juillet 2017

MOREL Camille, « Les enjeux politiques des conflits d’usage de l’espace public : le cas des parcs Lezama et Micaela Bastidas à Buenos Aires », dans La ville conflictuelle. Oppositions – Tensions – Négociations, dans Didier Desponds et Elizabeth Auclair (sous la direction de), Editions Le Manuscrit, collection Devenirs urbains, avril 2016

MOREL Camille, « Eleonora Elguezabal, Frontières Urbaines. Les mondes sociaux des copropriétés fermées », Recensions d’ouvrages, Espaces et sociétés 2017/1, à paraître

MOREL Camille, « Ariela Epstein, À ciel ouvert. Cultures politiques sur les murs de Montevideo », Recensions d’ouvrages, Espaces et sociétés 2016/1 (n° 164-165), p. 235-257 consultable sur https://www.cairn.info/revue-espaces-et-societes-2016-1-p-235.htm

MOREL Camille, « Retour sur les 3èmes rencontres de la participation », crois-sens.org, 13 mai 2019, http://crois-sens.org/2019/05/13/rencontres-nationales-de-la-participation/

EZVAN Cécile et MOREL Camille, « Évaluer la contribution des entreprises au bien vivre dans les territoires », crois-sens.org, 11 janvier 2019, http://crois-sens.org/2019/01/11/evaluer-entreprises-bien-vivre/

MOREL Camille, « Transition environnementale : quel rôle pour les citoyens ? », crois-sens.org, 7 décembre 2018, http://crois-sens.org/2018/12/07/transition-environnementale-citoyens/

MOREL Camille et TOBIE Sandrine, « Indicateurs du bien-vivre au Forum international pour le bien-vivre de Grenoble », bien-vivre-maintenant.fr, 7 décembre 2018, https://bien-vivre-maintenant.fr/territoires/auvergne-rhone-alpes/indicateurs-du-bien-vivre/

MOREL Camille, « Manger bio réduit les risques de cancer ! », bien-vivre-maintenant.fr, 23 novembre 2018, https://bien-vivre-maintenant.fr/non-classe/manger-bio-cancer/

BRENGUIER Agathe et MOREL Camille, « Expérimentation innovante en matière de santé et nutrition à Mirecourt », bien-vivre-maintenant.fr, 19 novembre 2018, https://bien-vivre-maintenant.fr/territoires/grand-est/mirecourt/experimentation-innovante/

MOREL Camille, « Des réunions publiques pour préparer le festival Utopic & Co », bien-vivre-maintenant.fr, 2 novembre 2018, https://bien-vivre-maintenant.fr/non-classe/reunions-publiques-utopic/

COURPASSON David et MOREL Camille, « Etudier la coopération renforcée : compte-rendu du séminaire du 13 Juin 2017 du Collectif SmartCitizens », crois-sens.org, 23 octobre 2018, http://crois-sens.org/2018/10/23/etudier-la-cooperation-renforcee-par-camille-morel-et-david-courpasson/

MOREL Camille, « Ollivier Lenot de la Caisse des Dépôts explique les enjeux de l’AMI « Territoires d’Innovation et de Grande Ambition » », crois-sens.org, 24 septembre 2018, http://crois-sens.org/2018/09/24/ollivier-lenot-de-la-caisse-des-depots-explique-les-enjeux-de-lami-territoires-dinnovation-et-de-grande-ambition/

CLERGEAU Christophe, DESFORGES Marc, EZVAN Cécile, GILLI Frédéric, MOREL Camille (Collectif SmartCitizens), « La co-innovation citoyenne et le bien vivre ensemble : les deux faces d’une grande ambition ! », crois-sens.org, 06/04/2018, http://crois-sens.org/2018/04/06/tribune-co-innovation/ et http://crois-sens.org/wp-content/uploads/2018/04/tribune-Care.pdf

« Des outils innovants pour faire ensemble » Pour une économie du bien vivre : Episode 2 par Agathe Brenguier

« Des outils innovants pour faire ensemble » Pour une économie du bien vivre : Episode 2 par Agathe Brenguier

Pour bien commencer la rentrée 2019, nous avons demandé à l’équipe Crois/Sens de dire ce qui les motive à créer une économie du bien vivre pour, par et avec les citoyen.ne.s.

Agathe Brenguier est cheffe de projet bien-vivre, en coordination sur plusieurs territoires (Lorraine-Lille-Marseille) grâce à ses compétences clés en gestion de projet, sa connaissance des boucles de services en faveur du bien-vivre.

Son témoignage :

De nombreux enjeux se posent sur les territoires urbains comme ruraux pour répondre aux besoins des habitants, sur des thématiques très diverses, comme l’alimentation, l’énergie ou encore la mobilité. De nouvelles manières de « faire ensemble » sont nécessaires pour que les acteurs, publics et privés, y répondent. L’équipe de Crois/Sens développe et fournit des outils innovants et nécessaires de gouvernance, de mobilisation et de financement.

outils innovants

Présentation d’Agathe :

Agathe Brenguier est consultante chez Crois/Sens depuis février 2018. Diplômée de Sciences Po Toulouse et spécialisée dans les thématiques du développement durable, elle a collaboré avec plusieurs acteurs publics et privés…

outils innovants

Références pour en savoir plus :

BRENGUIER Agathe et MOREL Camille, « Expérimentation innovante en matière de santé et nutrition à Mirecourt », bien-vivre-maintenant.fr, 19 novembre 2018, https://bien-vivre-maintenant.fr/territoires/grand-est/mirecourt/experimentation-innovante/

BRENGUIER Agathe, « Le Festival Utopic & Co 2018 célèbre sur le bien-vivre sur le territoire de Mirecourt(-Dompaire) et ses alentours », crois-sens.org, 5 octobre 2018, http://crois-sens.org/2018/10/05/le-festival-utopic-co-2018-celebre-sur-le-bien-vivre-sur-le-territoire-de-mirecourt-dompaire-et-ses-alentours/

BRENGUIER Agathe et PROUVOT-DUSART Elodie, « Projet TIGA : Crois-Sens accompagne la Métropole Européenne de Lille dans sa stratégie de territoire « MELtamorphose » », crois-sens.org, 7 septembre 2018, http://crois-sens.org/2018/09/07/projet-tiga-crois-sens-accompagne-la-metropole-europeenne-de-lille-dans-sa-strategie-de-territoire-meltamorphose/

BRENGUIER Agathe, « Philippe d’Iribarne : Construire des alliances inédites en prenant en compte la diversité des cultures », crois-sens.org, 23 juillet 2019, http://crois-sens.org/2019/07/23/philippe-d-iribarne-construire-alliances-diversite-des-cultures/

BRENGUIER Agathe, « Naissance d’un nouveau PTCE dans les Vosges ? », crois-sens.org, 19 mars 2019, http://crois-sens.org/2019/03/19/naissance-dun-nouveau-ptce-dans-les-vosges/

BRENGUIER Agathe, « Force Femmes : association d’insertion professionnelle pour les femmes », Crois-sens.org, 23 septembre 2019, http://crois-sens.org/2019/09/23/force-femmes-association-insertion-professionnelle-femmes/

BRENGUIER Agathe et POULAIN Sebastien, « Financement des innovations citoyennes, quels modèles ? Compte-rendu du séminaire SmartCitizens », Crois-sens.org, 12 septembre 2019, http://crois-sens.org/2019/09/13/financement-des-innovations-citoyennes/

Dr Sebastien Poulain

Chargé de recherche

Force Femmes : association d’insertion professionnelle pour les femmes

Crois/Sens a participé au Forum organisé par Force Femmes, association reconnue d’intérêt général qui accompagne gratuitement les femmes de plus de 45 ans sans emploi dans leurs démarches de retour à l’emploi ou de création d’entreprises.

Force Femmes

Anne Méaux à gauche à la tribune

Vendredi 13 septembre 2019, l’association Force Femmes, implantée dans 14 villes, organisait son premier forum à Marseille. Christine Bugliani, Directrice Territoriale Déléguée de Pôle Emploi Marseille – Bouches-du-Rhône, rappelle les enjeux de cette journée ; le taux de chômage chez les seniors approche les 6%, soit trois fois moins que celui des jeunes. Ce taux diffère assez peu entre les hommes et les femmes, notamment dans les CSP+. Dans les secteurs moins qualifiés, avec des contrats en CDD et en temps partiels, le chômage des femmes demeure moins visible et moins indemnisé. Par ailleurs, quand l’ensemble des actifs de plus de 45 ans, une fois au chômage, voient leur accès au marché du travail se dégrader, ce phénomène s’accentue pour les femmes, qui cumulent parfois une situation d’enfants à charge ou d’aidantes.

Le projet de Force Femmes : sortir de l’isolement, recréer un réseau professionnel

Force Femmes souhaite accompagner des femmes qui se retrouvent éloignées de l’emploi à cause d’accidents de vie ou tout simplement de choix.  Elles peuvent vivre une rupture de travail, couplée ou non avec une rupture de vie (séparation), ce qui peut mener à un sentiment de honte et un isolement. Il est dès lors important de pouvoir partager leurs difficultés, et de reprendre confiance grâce au regard des autres.

Le projet se base tout d’abord sur des notions d’empathie, de solidarité et de sororité, puisque l’association a été créée par des femmes voulant venir en aide à d’autres femmes. Cet accompagnement prend la forme d’entretiens individuels et de groupes de travail, permettant de travailler son réseau professionnel. Le projet se base également sur la mise en avant de l’intergénérationnel, qui est de plus en plus reconnu comme une force au sein de l’entreprise, comme le soulignait Malika Idri, d’AG2R La Mondiale, notamment à travers le mentorat.

L’autre sujet majeur soulevé lors de ce forum est les particularités des secteurs qui recrutent en France ; informatique, sécurité, BTP, transport, des métiers « traditionnellement masculins », bien qu’ouverts à toutes et tous. Beaucoup de femmes n’envisagent pas une carrière dans ces secteurs à cause des stéréotypes qui les entourent, notamment en matière de pénibilité physique. Or, ces métiers « traditionnellement masculins » sont mieux payés que ceux « traditionnellement féminins », comme les services à la personne. Plusieurs pistes ont été évoquées pour encourager les femmes à s’orienter vers ces secteurs : plus de pédagogie dès le plus jeune âge pour faire tomber les stéréotypes de genre liés aux métiers, ou, initiative lancée par Pôle Emploi, un accompagnement spécifique pour les reconversions des femmes vers les métiers « traditionnellement masculins ».

Le mot de la Vice-Présidente Anne Méaux

La journée s’est déroulée sous le patronage d’Anne Méaux, femme d’affaire et vice-présidente et fondatrice de Force Femmes, qui y a présenté son engagement : « La question du retour à l’emploi est un véritable fait de société. C’est-à-dire 1/qu’il est massif 2/qu’il prend des formes et a des causes diverses et complexes et 3/que ce qui se joue dans le fait d’avoir un emploi est bien plus que d’avoir de quoi vivre. Il s’agit aussi d’exister dans la société, d’y avoir une place, d’être regardée, reconnue, considérée…

Force Femmes s’est construite sur ce triple prisme -âge, genre et statut professionnel- pour lutter contre un phénomène complexe, une forme insidieuse de violence et d’exclusion qui frappe les femmes de manière pas exclusive mais particulière, spécifique : le pire ennemi dans ces moments de la vie c’est l’isolement. »

Agathe Brenguier

Références :

BRENGUIER Agathe, « Symbiogora : une communauté apprenante dédiée aux acteurs des écosystèmes territoriaux », crois-sens.org, 21 janvier 2019, http://crois-sens.org/2019/01/21/symbiogora-une-communaute-apprenante-dediee-aux-acteurs-des-ecosystemes-territoriaux/

DESFORGES Virginie, « Un pôle féminité, pour un retour à soi, à son corps et échanger en toute sérénité », bien-vivre-maintenant.fr, 24 juillet 2019, https://bien-vivre-maintenant.fr/territoires/grand-est/mirecourt/pole-feminite-corps-echanger/

Financement des innovations citoyennes, quels modèles ? Compte-rendu du séminaire SmartCitizens

Quels modèles pour les investissements et le financement des innovations citoyennes au service du bien-vivre dans les territoires ? C’est la question que nous avons posé lors du séminaire du 13 décembre 2017 du Collectif SmartCitizens sur lequel nous voulons revenir aujourd’hui, au regard du déploiement des projets de Crois/Sens.

En effet, Crois/Sens poursuit le déploiement territorial des sociétés de co-développement, qui visent à favoriser l’essor du bien-vivre dans les territoires par l’amorçage de projets économiques viables qui recouvrent des domaines très variés (santé, nutrition, mobilité, énergie…).

C’est dans cet objectif que Crois/Sens, dans le cadre d’une mission de conseil, a accompagné depuis 2018 au sein d’un groupement la Métropole Européenne de Lille (MEL) dans la structuration d’un projet de territoire autour de la notion de bien-vivre et de la place centrale des usagers-citoyens. Une concertation citoyenne ambitieuse a été lancée (dix réunions publiques d’une centaine de personnes, 100 rencontres et entretiens individuels) qui ont permis d’identifier les besoins à couvrir. En parallèle de la concertation citoyenne, Crois/Sens a mené un travail d’identification et de rencontre de plus de 35 porteurs de projets afin de poser les bases d’alliances inédites pour le territoire. Ces actions préfigurent un modèle innovant de financement.

Agathe Brenguier

Cheffe de projet Bien-Vivre

Et voici le compte-rendu du séminaire :

Financement

Voici, tout d’abord, une présentation des intervenants invité.e.s :

Cécile Ezvan est philosophe et économiste. Elle enseigne à l’Essec et à l’Icp. Chercheure associée à l’Essec, elle travaille sur la transformation des modèles économiques, l’innovation sociale et écologique et le bien-vivre au travail.

Gilles Caretti est infirmier et directeur de l’Institut Médico-Educatif du Beau Joly de Mirecourt.

Vincent Aurez est chercheur à l’Institut de l’Economie Circulaire.

Thierry Philipponnat est directeur de l’Institut Friedland et ancien président du Forum d’Investissement Responsable (FIR).

Les interventions sur les nouvelles forme de financement :

  • Cécile Ezvan pose l’intérêt des acteurs politiques et économiques pour les nouvelles formes de solidarités, les questions d’éthique, leur implication dans le développement de « capacités » et l’objectif de vie bonne, « digne » (Martha Nussbaum), « choisie » (Amartya Sen) dans différents domaines : santé, lien social, logement, préservation de l’environnement. Il s’agit de mettre chacun en capacité de développer des projets associatifs et entrepreneuriaux sur les territoires en s’appuyant sur un indicateur de capacités relationnelles-ICR (CR atelier du 19/09/2017).
  • Gilles Caretti présente la méthode bien-vivre qu’il emploie à l’Institut Médico-Educatif du Beau Joly de Mirecourt : bienveillance, approche globale de la santé et de l’éducation, naturopathie (bromatologie, hydrologie et la balnéation, kinésithologie, psychologie), collaboration multiacteurs (personnel de l’établissement – familles – fournisseurs), mesure d’efficacité (bilan IoMET)… Les résultats sont impressionnants et chiffrés en termes d’insertion : augmentation de la durée de l’attention, diminution des troubles du comportement, diminution de la durée de la présence dans l’institut (3 ans au lieu de 4 ailleurs), diminution des coûts financiers pour la collectivité. Gilles Caretti propose d’utiliser cette méthode dans d’autres institutions, sur d’autres territoires, à d’autres échelles grâce à la création d’une école de naturopathie. Crois/Sens s’appuie sur cette idée pour lancer une école des entrepreneurs du bien-vivre où le capital santé permet le développement socio-économique du territoire :
Financement
  • Vincent Aurez intervient sur le financement de ce type de projet via la finance solidaire et les fonds ESUS dans les territoires. Spécialiste de l’économie sociale et solidaire, il observe que le fait de mettre en place une économie circulaire territoriale (plutôt qu’a-territoriale) appuyée sur des partenariats et de la mutualisation permet des économies d’échelle externes à l’entreprise. Le simple recyclage ne permet pas à lui seul de combler l’augmentation de la demande en ressources primaires. D’où la nécessité de faire de cette économie circulaire un principe d’organisation. Notamment au niveau d’un bâtiment en ce qui concerne l’énergie car il y a 5,1 millions de personnes en précarité énergétique, 3,5 millions mal logées ou sans abris, 1,8 millions en attente de logement social… Vincent Aurez s’appuie sur l’exemple d’un bâtiment de 1 700 m² construit récemment à Paris (Buzenval) par Novaxia qui dispose de toutes les caractéristiques de l’économie circulaire, durable et solidaire : éco-conception (matériaux recyclés, économie d’énergie renouvelable), mixité sociale, socialisation dans des espaces partagés, investi par des associations, salariat de 16 personnes à temps plein… Etant rentable économiquement en plus d’être à l’avant-garde sociale et environnementale, il attire le financement participatif et les investissements de type ESUS, tout en permettant le développement du projets susceptibles de se rapprocher de la finance.
Financement
  • Ace sujet du financement, Thierry Philipponnat pense que l’argent ne manque pas, y compris pour des critères extrafinanciers ESSG (environnement, social, sociétal, gouvernance). Par exemple, les montants en K-risque en France sont supérieurs à ceux en Grande-Bretagne et Allemagne. Chaque projet peut trouver un type de financement adapté. En effet, il y a « des » finances et non « une » finance. Par exemple, le projet de Gilles Caretti peut être fiancé par des titres participatifs et des SIB (Social Impact Bons) alors que ce sont des fonds propres qui sont adaptés pour le projet Novaxia. Il s’agit donc de s’adresser aux bonnes personnes avec le bon vocabulaire et savoir exactement quels sont les objectifs (atteindre des pools de capitaux mainstream ou des poches identifiées ?).

Discussion :

Marc Desforges pense qu’il s’agit de parvenir à financer des projets dans la fourchette 500k€ / 1M€. Pour Jean-Michel Mépuis (Horizon conseil), cela doit passer par de la modélisation du surcroît de la dimension sociétale et de bien-vivre qui va apporter la valeur à la nourriture, à l’immobilier, à la gestion des déchets. Cela peut passer, selon Denis Hameau, par des fondations de territoire qui peuvent jouer le rôle de relais et intermédiaire. Françoise Dumaine (Cifasol) plaide pour faire évoluer le cadre réglementaire de la finance pour faire remonter des projets territoriaux et amener des financiers dans des projets à dimension solidaire qui doivent être systémiques : bio-psycho-sociaux. En effet, les entrepreneurs handicapés ont, par exemple, des difficultés d’accès au crédit et à l’emprunt selon Xavier Doublet (TIH Business).

Présent-e-s en plus de l’équipe Smartcitizen :

Lors de ce dernier séminaire sont présents : des chercheurs comme Pamela Moore du « Collectif doctoral pour la diversité de la recherche » ou Gerardo Gil (doctorant spécialiste des coopérations entre entreprises, associations et pouvoirs publics pour de l’innovation sociale), Zoé Bengherbi (responsable des partenariat à La Paillasse), des représentants de collectivités territoriales comme Denis Hameau (Conseiller Municipal, et Conseiller métropolitain, délégué à l’enseignement supérieur et à l’innovation), Pauline Desbuisson (métropole de Lille, en charge de la démarche TIGA), et des représentants des entreprises avec Jean-Yves Besombes (Pragma-tic), Renaud Desforges (Air Liquide), l’équipe CIFASOL (Conseil en Investissement Financier, Créateur de l’Empreinte Solidaire) comprenant Françoise Dumaine, Jean-Michel Mépuis et Xavier Doublet.

Pour en savoir plus sur nos autres séminaires SmartCititzens, lire les références ci-dessous.

Dr Sebastien Poulain

Chargé de recherche

Références :

CLERGEAU Christophe, DESFORGES Marc et GILLI Fréderic (Collectif Smartcitizens), Tribune « Pour un droit à la co-innovation », crois-sens.org, 17/05/2017, http://crois-sens.org/2018/09/17/le-collectif-smartcitizens-pour-un-droit-a-la-co-innovation/ et http://crois-sens.org/wp-content/uploads/2018/09/Tribune-collectif-Smartcitizens-Pour-un-droit-à-la-co-innovation-mai-2017.pdf

CORDOBA Vanessa, DESFORGES Marc et GILLI Fréderic, « Territoires et innovation », Travaux (Délégation interministérielle à l’aménagement et à la compétitivité des territoires), volume 17, La Documentation française, Collection Travaux / DATAR, Paris, 2013, 107 pages, https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb436436720.public

COURPASSON David et MOREL Camille, « Etudier la coopération renforcée : compte-rendu du séminaire du 13 Juin 2017 du Collectif SmartCitizens », crois-sens.org, 23 octobre 2018, http://crois-sens.org/2018/10/23/etudier-la-cooperation-renforcee-par-camille-morel-et-david-courpasson/

DESFORGES Marc, « Introduction du séminaire SmartCitizens du 15 juin 2017 », Chaine YouTube Crois-sens, https://youtu.be/fE_zQRPNIEs

DESFORGES Marc, « Conclusion du séminaire SmartCitizens du 15 juin 2017 », Chaine YouTube Crois-sens, https://youtu.be/E5_-ac8_YP0

LENOT Olivier, DESFORGES Marc et GILLI Frédéric, « Interprétation de l’AMI « Territoires d’Innovation de Grande Ambition » (TIGA) », séminaire SmartCitizens du 15 juin 2017 https://youtu.be/23PP2ICEcj4

MOREL Camille, « Ollivier Lenot de la Caisse des Dépôts explique les enjeux de l’AMI « Territoires d’Innovation et de Grande Ambition » », crois-sens.org, 24 septembre 2018, http://crois-sens.org/2018/09/24/ollivier-lenot-de-la-caisse-des-depots-explique-les-enjeux-de-lami-territoires-dinnovation-et-de-grande-ambition/

COURPASSON David et MOREL Camille, « Etudier la coopération renforcée : compte-rendu du séminaire du 13 Juin 2017 du Collectif SmartCitizens », crois-sens.org, 23 octobre 2018, http://crois-sens.org/2018/10/23/etudier-la-cooperation-renforcee-par-camille-morel-et-david-courpasson/

POULAIN Sebastien, « Repenser les rôles entre public et privé pour mieux financer le Bien-Vivre par Marc Desforges », crois-sens.org, 20 septembre 2018, http://crois-sens.org/2018/09/20/repenser-les-roles-entre-public-et-prive-pour-mieux-financer-le-bien-vivre-par-marc-desforges/

POULAIN Sebastien, « Introduction au séminaire SmartCitizens », crois-sens.org, 13 septembre 2018, http://crois-sens.org/2018/09/13/introduction-au-seminaire-smartcitizens/

POULAIN Sebastien, « Le Guide Smart Citizen pour un territoire d’innovation enfin publié ! », crois-sens.org, 16 mai 2019, http://crois-sens.org/2019/05/16/le-guide-smart-citizen-pour-un-territoire-dinnovation-enfin-publie/

Science et innovation dans un espace collectif multiacteurs. Compte-rendu du séminaire SmartCitizens

Comment faire de la science et de la co-innovation, c’est-à-dire créer un espace collectif pour un travail collaboratif multiacteur innovant ? C’est la question que nous avons posé lors du séminaire du 30 novembre 2017 du collectif SmartCitizens sur lequel nous voulons revenir aujourd’hui alors qu’il y a au moins une triple actualité :

– la Ville de Paris vient de faire signer aux grands opérateurs immobiliers une charte autorisant l’occupation des locaux vides par des acteurs sociaux ou culturels, dans l’attente de travaux (plus d’infos ici)

– nous sommes lauréat pour un CitéoSquare à Nanterre (voir l’article de Benjamin sur le futur tiers-lieu du bien-vivre à Nanterre ici et mon article sur le projet global de Nanterre ici).

– nous lançons un réseau national et de la formation des gérants d’hostels participatifs (voir l’article de Benjamin ici).

Science Sebastien Poulain

Les intervenants :

Ollivier Lenot est le responsable du programme « territoires d’innovation et de grande ambition » de la Caisse des dépôts et des consignations.

Spécialisé depuis une dizaine d’années dans l’organisation de l’innovation collaborative (cluster), Marc Desforges développe ce savoir-faire au sein de Crois/Sens qu’il a fondé en 2014. Il a contribué à la création d’une centaine d’entreprises. Il a également créé les processus et la plateforme numérique permettant l’émergence de projets initiés avec les citoyens.

Marc Fournier a travaillé dans l’éolien, la robotique et les hackerspaces suite à des études en science avant de co-fonder La Paillasse dont il est le directeur aujourd’hui.

Science Sebastien Poulain
Dr Sébastien Poulain, docteur en Sciences de l’information et de la communication, chargé de recherche au sein de Crois/Sens. Il est cofondateur de Doctrix (blog Educpros / L’Etudiant de valorisation du doctorat), Humanitudes (association pour faire le lien entre les sciences humaines et sociales et les non académiques) et Doc’Door (maison du doctorat).

Les interventions :

  • Olivier Lenot débute la discussion en faisant un bilan de l’évolution de l’AMI TIGA qui vise déjà à saisir des dynamiques dans les territoires : 117 candidatures, 40 auditions pour 20 lauréats. La rédaction du cahier des charges l’AAP TIGA a démarré pour sélectionner les candidatures qui doivent arriver avant noël 2018. Il fait part de son intérêt pour certains concepts traités lors du séminaire SmartCitizens : capacitation, appropriation des enjeux sociétaux dans les usages, de débat, participation, co-innovation, confiance… Il profite également de ce moment pour rappeler la problématique centrale de TIGA : « comment est-ce que de nouvelles formes de gouvernance qui associent les usagers / les citoyens, les pouvoirs publics territoriaux, les universitaires, les entreprises sont en capacité et assez solides pour infléchir les cours de projets ? ». Olivier Lenot insiste sur le fait que ce troisième Plan d’Investissement d’Avenir quittait le seul registre subventionnel (il y aura bien des subventions à hauteur d’1/3) pour que la Caisse des Dépôts et Consignation puissent prendre des participations en investissant en fonds propres dans des sociétés et structures qui vont réaliser des projets qui concourent à l’innovation territoriale.
  • Marc Desforges ajoute que les grandes ambitions ont des coûts élevés et nécessitent donc des financements importants. De plus, il faudra créer des structures qui peuvent recevoir des fonds propres (comme des SCIC par exemple). L’AMI a pour effet de mettre en tension les collectivités territoriales car elles doivent impérativement faire participer les citoyens à l’identification d’une « grande ambition » partagée sur un territoire.
  • Sebastien Poulain explique comment il a abouti à l’idée de créer une maison du doctorat suite à son investissement dans la valorisation socio-économique des doctorants et docteurs. Ce projet consiste à faire en sorte que ces derniers s’impliquent sur leur territoire, non seulement pour présenter et expliquer leurs travaux de recherche aux personnes intéressées par la science (médiation des sciences) mais aussi pour participer à des projets collectifs (médiaction scientifique) de co-développement, de co-animation, ou de co-innovation. Habitant/Résidant dans cette « maison urbaine de la recherche » elle-même, ils pourront ainsi participer à l’animer : co-animer des résidences à destination des chercheurs qui seront pensées pour s’adapter à leurs besoins spécifiques – en termes financiers mais aussi pour leur mode de vie professionnel – en organisant des événements de valorisation scientifique, en formant à la recherche et science participative, en conseillant des entreprises ou associations grâce à leurs expertises…
  • Marc Desforges en profite pour souligner que la France est le 3ème pays d’accueil de chercheurs, mais qu’il n’y a pas de lieu d’accueil adaptés pour eux/elles. Par ailleurs, il soulève la question de la participation de ces chercheurs à l’écosystème de co-innovation socio-économique dans un quartier. Elle est nécessaire mais elle pose des difficultés en termes de gouvernance : un tiers-lieu peut faciliter l’innovation, mais la question de son pilotage est essentielle. Plusieurs conditions semblent prévaloir pour qu’un tiers-lieu puisse effectivement favoriser la co-innovation :
  • être ouvert à toutes les populations (chômeurs-ses, personnes en situation de handicap dont Xavier Doublet a souligné la nécessité) : la mixité sociale est fondamentale,
  • être situé en centre-ville donc accessible,
  • traiter de de thèmes sociétaux et interdisciplinaire (technologique, sciences humaines, santé),
  • créer de débats et générer de projets à petite et grande échelle (design thinking, makers, ESS, start up),
  • accueillir avec de la bienveillance et de la confiance pour que des collaborations se mettent en place, il faut aussi ; c’est l’expérimentation que nous observons aujourd’hui au Café UtopiC à Mirecourt,
  • laisser du temps pour que les idées germent, qu’elles suscitent des réactions, qu’elles maturent, qu’elles soient appropriées pour pouvoir se développer plutôt que de donner du « prémâché » aux citoyens (c’est ce qu’encourage Denis Hameau, spécialiste de la SmartCity).

Le nombre de tiers-lieu augmente fortement en France, mais elle en retard par rapport aux Etats-Unis. Par ailleurs, les problèmes de socialisation concernent les doctorants mais aussi les entrepreneurs et de nombreux autres acteurs du territoire, donc il n’y a pas de problème de surplus.

  • Enfin, Marc Fournier revient sur la genèse de La Paillasse : un simple garage de banlieue mais très innovant et participatif. La philosophie originelle et originale : pour savoir ce qui se passe dans un laboratoire et éventuellement participer à ce qui s’y passe, il faut déjà pouvoir y entrer. La Paillasse prend en compte et valorise l’évolution des métiers et des besoins en compétences, le développement du collaboratif, l’interdisciplinarité. L’innovation sociale commence à être valorisée monétairement et financièrement, à l’image de Sony qui a demandé à La Paillasse de produire un capteur de température biodégradable en utilisant une boite à gants ! Pour cela, il faut faire tomber les barrières intellectuelles et outillées grâce à l’échange, le partage, la transmission d’informations. C’est ce qui nous permet de produire de la science, c’est-à-dire construire de la connaissance nous-mêmes à partir de l’expérimentation, des données numériques, de la recherche d’information. La Paillasse s’appuie sur le fait que les chercheurs des laboratoires publics ou privés n’ont pas les moyens humains de récolter des grandes quantités d’informations simultanément dans la nature par exemple. C’est ce qui se passe dans le cadre du projet-concours Epidemium, spécialisé sur le traitement du cancer, appuyé sur le big data dans le domaine de la santé, financé par l’entreprise Roche, piloté par un comité scientifique, animé par l’équipe de La Paillasse et où chacun peut travailler selon ses compétences et disponibilités (médecins, data scientists, chercheurs, citoyens amateurs intéressés par la science). Cette science participative ou science citoyenne est de plus en plus encouragée, soutenue, valorisée par l’Europe, le ministère, le CNRS (mission « Sciences ouverte » de Marin Dacos ; Alliance sciences sociétés Alliss). Au final, La Paillasse et son écosystème sont bien en capacité aujourd’hui de publier des articles scientifiques dans des revues scientifiques classiques.
Science Sebastien Poulain

Suite aux discussions, nous avons fait une visite de La Paillasse que nous remercions pour le fait d’avoir rendu possible l’événement :

Science Sebastien Poulain

Présent-e-s en plus de l’équipe Smartcitizen :

Lors de ce séminaire qui s’est tenu exceptionnellement à La Paillasse, une trentaine de personnes sont présentes : principalement des chercheurs (Pasteur, INRA et universités), mais aussi des représentants de collectivités territoriales intéressés par la science comme Denis Hameau (Conseiller Municipal et Conseiller métropolitain à Dijon, délégué à l’enseignement supérieur et à l’innovation), Pauline Desbuisson (métropole de Lille, en charge de la démarche TIGA), John Huet (adjoint au Maire de Lons Le Saunier), ou entreprises avec Xavier Doublet (Chef de projet TIH BUSINESS), Lito Achimastos (HEMERE Consulting) et Joannie Leclerc (Governance and Dialogue Manager, Sustainable Development Department, SUEZ).

Pour en savoir plus sur nos autres séminaires SmartCititzens, lire les références ci-dessous.

Dr Sebastien Poulain

Chargé de recherche

Références :

CLERGEAU Christophe, DESFORGES Marc et GILLI Fréderic (Collectif Smartcitizens), Tribune « Pour un droit à la co-innovation », crois-sens.org, 17/05/2017, http://crois-sens.org/2018/09/17/le-collectif-smartcitizens-pour-un-droit-a-la-co-innovation/ et http://crois-sens.org/wp-content/uploads/2018/09/Tribune-collectif-Smartcitizens-Pour-un-droit-à-la-co-innovation-mai-2017.pdf

CORDOBA Vanessa, DESFORGES Marc et GILLI Fréderic, « Territoires et innovation », Travaux (Délégation interministérielle à l’aménagement et à la compétitivité des territoires), volume 17, La Documentation française, Collection Travaux / DATAR, Paris, 2013, 107 pages, https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb436436720.public

COURPASSON David et MOREL Camille, « Etudier la coopération renforcée : compte-rendu du séminaire du 13 Juin 2017 du Collectif SmartCitizens », crois-sens.org, 23 octobre 2018, http://crois-sens.org/2018/10/23/etudier-la-cooperation-renforcee-par-camille-morel-et-david-courpasson/

DESFORGES Marc, « Introduction du séminaire SmartCitizens du 15 juin 2017 », Chaine YouTube Crois-sens, https://youtu.be/fE_zQRPNIEs

DESFORGES Marc, « Conclusion du séminaire SmartCitizens du 15 juin 2017 », Chaine YouTube Crois-sens, https://youtu.be/E5_-ac8_YP0

DESFORGES Benjamin, « CitéoSquare : Crois/Sens ouvrira un nouveau tiers-lieu du bien-vivre à Nanterre », crois-sens.org, 28 juin 2019, http://crois-sens.org/2019/06/28/citeosquare-crois-sens-ouvrira-un-nouveau-tiers-lieu-du-bien-vivre-a-nanterre/

DESFORGES Benjamin, « Lancement du réseau national et de la formation des gérants d’hostels participatifs », crois-sens.org, 22 juillet 2019, http://crois-sens.org/2019/07/22/reseau-national-formation-gerants-hostels-participatifs/

LENOT Olivier, DESFORGES Marc et GILLI Frédéric, « Interprétation de l’AMI « Territoires d’Innovation de Grande Ambition » (TIGA) », séminaire SmartCitizens du 15 juin 2017 https://youtu.be/23PP2ICEcj4

MOREL Camille, « Ollivier Lenot de la Caisse des Dépôts explique les enjeux de l’AMI « Territoires d’Innovation et de Grande Ambition » », crois-sens.org, 24 septembre 2018, http://crois-sens.org/2018/09/24/ollivier-lenot-de-la-caisse-des-depots-explique-les-enjeux-de-lami-territoires-dinnovation-et-de-grande-ambition/

POULAIN Sebastien, « Crois/Sens co lauréat de l’appel à projet « Inventons la Métropole du Grand Paris 2 » avec le projet « Nanterre Partagée » », crois-sens.org, 27 juin 2019, http://crois-sens.org/2019/06/27/crois-sens-laureat-inventons-la-metropole-du-grand-paris-2-nanterre-partagee/

POULAIN Sebastien, « Repenser les rôles entre public et privé pour mieux financer le Bien-Vivre par Marc Desforges », crois-sens.org, 20 septembre 2018, http://crois-sens.org/2018/09/20/repenser-les-roles-entre-public-et-prive-pour-mieux-financer-le-bien-vivre-par-marc-desforges/

POULAIN Sebastien, « Introduction au séminaire SmartCitizens », crois-sens.org, 13 septembre 2018, http://crois-sens.org/2018/09/13/introduction-au-seminaire-smartcitizens/

POULAIN Sebastien, « Le Guide Smart Citizen pour un territoire d’innovation enfin publié ! », crois-sens.org, 16 mai 2019, http://crois-sens.org/2019/05/16/le-guide-smart-citizen-pour-un-territoire-dinnovation-enfin-publie/

POULAIN Sebastien, « Pour une maison urbaine de la recherche », bien-vivre-maintenant.fr, 7 juillet 2017, https://bien-vivre-maintenant.fr/defis/pour-une-maison-urbaine-de-la-recherche/

POULAIN Sebastien, « Sebastien Poulain interrogé par Baptiste Gapenne de Territoires audacieux », docdoorblog.wordpress.com, 3 septembre 2019, https://docdoorblog.wordpress.com/2019/09/03/sebastien-poulain-interroge-par-baptiste-gapenne-de-territoires-audacieux/

POULAIN Sebastien, Doc’Door, la maison du doctorat devrait bientôt ouvrir ses portes, Cartes sur tables, 8/12/16, http://www.cartes-sur-table.fr/pour-une-maison-du-doctorat/ et http://cartes-sur-table.fr/wp-content/uploads/2016/12/CST_Pour-une-maison-du-doctorat.pdf

POULAIN Sebastien, « Pour une maison des docteurs », Educpros, 28/11/16, http://www.letudiant.fr/educpros/opinions/pour-une-maison-des-docteurs.html

Alliances territoriales : compte-rendu des 5èmes rencontre des pionniers des alliances en territoire

Les alliances territoriales : compte-rendu de la 5ème rencontre des pionniers des alliances en territoire

La 5ème rencontre des pionniers des alliances en territoire organisées le 26 juin 2019 par Le Rameau avec le titre « Ensemble, valorisons les territoires ! » de 9h à 17h30 au siège de la Fédération Nationale des Caisses d’Epargne (5, rue Masseran 75007 Paris).

Alliances

Présentation de la rencontre sur les alliances territoriales :

76% des maires considèrent que leur territoire est entré dans une dynamique de co-construction à la fois pour réduire les fragilités et pour créer de nouveaux moteurs de croissance et d’emploi, et 46% d’entre eux ne savent pas encore comment piloter ce mouvement d’alliances innovantes (Rapport quinquennal PHARE « Fragilités et co-construction territoriale » (Observatoire des partenariats, février 2018)).

La « catalyse » a progressivement émergé comme 3ème ingénierie territoriale aux côtés de celles de gestion et du management de projets locaux. Elle facilite la mobilisation collective des acteurs d’un territoire pour agir ensemble au service des défis communs. En une décennie, le métier de « catalyseur territorial » s’est structuré empiriquement pour accompagner le mouvement de co-construction. Dès 2014, les « pionniers » ont créé un réseau informel pour partager les pratiques et construire ensemble des outils utiles à tous les territoires. La richesse de ce réseau est la diversité de ses membres qui proviennent d’écosystèmes très complémentaires : Collectivités territoriales, associations, entreprises, accompagnateurs, institutions, acteurs académiques… Ils sont aujourd’hui plus de 350 sur les territoires métropolitains et ultra-marins à souhaiter capitaliser les pratiques innovantes. La Rencontre annuelle est l’occasion de mettre en partage les avancées et les difficultés de l’ingénierie de co-construction territoriale.

La rencontre était organisée en conférence plénières et en ateliers de réflexion. Nous allons rendre compte des propos tenus par les intervenants lors des plénières puis donner les fruits des réflexions des 4 ateliers en ce qui concerne la valorisation des dynamiques territoriales.

Les conférences plénières :

Jacqueline GOURAULT, Ministre de la Cohésion des territoires représentée par Hugo Bevort, directeur des stratégies Territoriales, CGET

Discours : transition des paradigmes politiques (de la DATAR, puis égalité des territoires (impasse), puis cohésion), diversité des territoires, démarche sur mesure, construire avec les acteurs, accent sur les métropoles mais tout le monde a une carte à jouer (égalité des possibilités), développer des liens de solidarité et de la connexion en plus des Infrastructures (insuffisantes en elle-même)

Bettina LAVILLE, Présidente-Fondatrice du Comité 21

« Les ODD permettent-ils une vision partagée mobilisatrice ? »

Présentation : En 1995, Bettina LAVILLE a co-fondé le Comité 21, le 1er réseau français multi-acteurs du développement durable, qu’elle préside actuellement. Le Comité 21 a pour but de proposer une vision globale et opérationnelle des enjeux de la transformation, en s’appuyant notamment sur l’Agenda 2030. Le 25 septembre prochain, elle va publier un guide sur l’appropriation des ODD par les Collectivités locales.

Discours : clarifier les notions d’intérêt général, d’intérêt communautaire, d’intérêt planétaire, de bien commun via les ODD

Philippe JAHSHAN, Président du Mouvement Associatif

« Quelle est la force de l’engagement territorial ? »

Présentation : Depuis 2008, Le Mouvement associatif s’est associé à l’Observatoire des partenariats pour suivre le mouvement d’alliances entre les associations et les entreprises, et plus globalement la dynamique de co-construction en France. Le dossier « JURIS Associations » n°595 « Intérêt général : un concept en mutation » coordonné par Charles-Benoît Heidsieck et publié le 15 mars 2019 sur « les mutations de l’intérêt général » souligne le besoin de clarifier le rôle des acteurs sur l’intérêt général.

Discours : La démocratie s’invite dans l’économie (Mauss et Polyani) via les associations qui créent du service, de l’émancipation, de l’emploi, de l’émancipation, de l’initiative grâce à la coopération avec le secteur public et les entreprises, des nouvelles compétences (savoir-faire, savoir être, savoir interagir (Ingénierie de l’interaction et co construction)), la sortie des silos sectoriels et par acteur.

Hélène VALADE, Présidente de l’ORSE (l’Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises (Orse))

« La RSE territoriale est-elle un mythe ou une réalité ? »

Présentation : Hélène VALADE est présidente de l’Orse, l’Observatoire de la Responsabilité Sociale des Entreprises, qui accompagne les stratégies RSE dans les entreprises depuis 2000. Elle dispose d’une vision transversale élargie, à travers vos responsabilités pour le groupe Suez, ainsi que de ses engagements au sein du C3D et de la Plateforme RSE.

Discours : application de la Loi pacte avec le changement de rôle de l’entreprise ; le privé se rapproche du public pour coconstruire des actions

Jean-François CARON, Maire de Loos-en-Gohelle

« Comment les élus locaux appréhendent-ils les nouvelles méthodes de co-construction territoriale ? »

Présentation : Il estmaire de Loos-en-Gohelle, ancienne cité minière transformée en ville pionnière de la transition énergétique. La rénovation du dialogue auprès des citoyens est emblématique. Il a également initié un « atelier des villes pairs et des territoires-pilotes de transition » pour créer un référentiel partagé pour les territoires en transition.

Discours : passage à nouveau monde via l’imaginaire, la motivation, l’action, la conduite de changement psychologique, le changement de posture, de manière d’être, une communauté apprenante, la co-construction (nouvelle éducation populaire), l’empowerement, le management de projet, la transition systémique

Gisèle ROSSAT-MIGNOD, Directrice du réseau Banque des Territoires de la Caisse des Dépôts

Présentation : Gisèle ROSSAT-MIGNOD est directrice du réseau Banque des Territoires de la Caisse des Dépôts. Ce réseau souhaite soutenir et développer, par des investissements mais aussi de l’accompagnement, les projets des territoires. Il a lancé 4 plans majeurs à cet égard : un Grand plan d’investissements, un Plan logement, le Programme action cœur de ville et les Territoires d’industrie.

Discours : lutter contre la fracture territoriale, plus inclusif, plus connecté, plus attractif, plus durable, plus efficace, plus proches des acteurs locaux, y compris petites villes,

Amine BELEMLIH, directeur-fondateur, Blue Storm, représentant de Tamkeen Li Tanmia

Présentation : Amine BELEMLIH estfondateur et directeur associé du cabinet Blue Storm, situé au Maroc. Au « Sommet des Deux Rives » de Marseille, son projet Tamkeen Li Tanmia (Capacitation pour le développement, en arabe), soutenu par l’AFD, représente le Maroc comme initiative emblématique de la société civile. Ce projet collectif illustre une dynamique inédite au Maroc de co-construction multi acteurs (public, privé, société civile) sur 2 axes. Il vise le développement de l’économie sociale et solidaire dans la province de Rhamna, autour de filières d’excellence dans les produits du terroir (adjacente à Marrakech) et l’innovation entrepreneuriale dans le domaine de l’Agritech, dans la région de Fès Meknès.


Résultats de l’atelier sur la valorisation des dynamiques territoriales

40 personnes représentantes d’organisations : des chercheurs, des fondations de grandes entreprises, structures para publiques, clusters, collectivités territoriales

Ils ont été divisés en 4 groupes parallèles pour 2 thématiques de réflexion :

  • l’évaluation le matin
  • la valorisation des dynamiques territoriales l’après-midi

Voici les résultats des réflexions des 4 groupes :

Le Groupe Bleu animé par Jean Maillet (UNADEF), Camille Henrion (doctorante chargée de mission à Clus’Ter Jura) et Eric Marchadier (Le Catalyseur, Directeur exécutif de la Fondation Catalyses à l’Université Paul Sabatier Toulouse III) a fait les propositions suivantes :

Proposition 1 : Financer les hommes et pas seulement les investissements

  • Inventer des modèles économiques
  • Donner de la valeur à la catalyse territoriale
  • Connaître les apports de chacun
  • Inscrire le financement dans la durée

Proposition 2 : Se former à coopérer

  • Apprendre à apprendre ensemble
  • Apprendre à être inclusif, avoir une représentation de l’autre (vis ma vie)
  • Faire des récifs collectifs, dimension narrative et réflexive

Proposition 3 : Mise en valeur du positif dans les organisations

  • Chacun doit trouver son compte
  • Comprendre la variété des besoins et des maturités
  • Valoriser les actions et les représentations
  • Définir une variété d’évaluation pour être capable de les mettre en valeur

Le Groupe rouge animé par Alexia Gazel (Chargée de projets d’innovation publique chez Commissariat général à l’égalité des territoires – CGET), Frédérique Marquet (Directrice adjointe innovation- expérimentation territoriale à Paris Est Marne et Bois) et Xavier Roussinet (Directeur associé chez Terre d’avance) a fait les propositions suivantes :

Proposition 1 : Trouver des ambassadeurs pour inspirer

  • Des champions charismatiques pour inspirer
  • Des modèles pour montrer que c’est possible (témoignages de pairs)

Proposition 2 : renforcer les moyens

  • Développement des compétences marketing
  • Développer l’outil numérique

Proposition 3 : accélérer le plaidoyer vers :

  • Le grand public
  • Institutions
  • Acteurs économiques

Le Groupe vert animé par Julien Loyer (DG de Bleu Blanc Zèbre), Christophe Besson Léaud (président d’Alliance & Sens & Economie) et Diane Hassan (fondatrice cabinet Accélér’actions) a fait les propositions suivantes :

Proposition 1 : Co-former les acteurs ensemble / Développer des compétences collectives

  • Donner l’espace pour que chacun explique sa posture dans un cadre défini (exemple Trappes)
  • Vivre ensemble une expérience de coconstruction (exemple des lieux vacants)
  • Cartographier les expérimentations les compétences de chacun

Proposition 2 : Co-construire avec / S’appuyer sur les réseaux présents sur « tous les territoires »

  • Impliquer au départ les acteurs les plus concernés
  • Identifier les enjeux communs / aligner les intérêts
  • Cartographier les acteurs et mettre à disposition la liste auprès des territoires

Proposition 3 : Concrétiser, capitaliser et diffuser

  • Incarner et structure dans la durée (gouvernance relative et partagée (SCIC), élargissement des parties prenantes et transparence en continue) pour capitaliser
  • Co-produire des outils et contenus
  • Médiatiser à tous les niveaux (local, national et international) en construisant son média ou s’appuyant sur l’existant

Le Groupe jaune animé par Bérengère Daviaud (Chargée de mission Emergence et ESS chez Avise), Odile Salomon (Vice-Présidente de Pays d’Aix Associations (PAA), porteur du projet « Envies d’Alliances »), Cécile Dublanche (directrice de Villes au carré)

Proposition 1 : Développer des voyages d’étude pour s’inspirer et se rassurer

  • RNMA : exemple de rencontre nationale en Guyane
  • Réseau européen des fondations, voyage dans un pays européen pour rencontrer des fondations territoriales et communautaires

Proposition 2 : organisation de partage d’informations et d’outils (rencontres, numérique…)

  • Cosoter
  • Carrefour des innovation sociales
  • Développer et financer des compétences numériques, communication
  • Plateforme Wweeddoo / mur de partage de galères et de bonnes pratiques

Proposition 3 : faire reconnaitre l’innovation sociale territoriale

  • Pays d’Aix Associations : intégrer un comité opérationnel CL Attractivité de la ville d’Aix
  • Approches d’essaimage « intelligents » : Fabrique de l’innovation sociale HUMANIS, Communauté émergente de l’Avise

Sont intervenus de nombreux acteurs du développement des alliances territoriales :

  • Florence Raineix, Directeur Général de la Fédération Nationale des Caisses d’Epargne
  • Cosoter (COhésion SOciale Territoriale) représenté par Cécile Dublanche (directrice)
  • le Carrefour des innovations sociales
  • la e-communauté développement local du CNFPT
  • Territoires Conseils de la Caisse des Dépôts représenté par Sylvain Baudet (Chargé de mission Développement économique)
  • l’Observatoire des territoires du CGET
  • Plateforme « l’innovation territoriale en actions »
  • KiMSO
  • FIDAREC : Forum International pour la dynamique territoriale des Acteurs Responsables et de l’Economie Circulaire
  • Révélateurs de Richesses Immatérielles
  • Social Value France
  • l’Avise
  • le réseau Bleu Blanc Zèbre
  • l’UNADEL : Union Nationale des Acteurs et Structures du Développement Local
  • Cluster Jura
  • Le Catalyseur
  • Alliance Sens & Economie
  • Paris Est Marne et Bois
  • Terre d’avance
  • Acceler’actions
  • Convergences
  • Estelling
  • Envies d’Alliances – Pays d’Aix Associations
  • Villes au Carré

A noter que j’ai été interviewé à cette occasion par l’équipe Territoires audacieux (https://www.territoires-audacieux.fr/) à propos du projet qu’il portait quand il a été recruté (les maisons du doctorat) et sur les projets de Crois/Sens :

Dr Sebastien Poulain

Chargé de recherche Crois/Sens

Références :

POULAIN Sebastien, « Dr Sebastien Poulain interviewé par Territoires audacieux sur Doc’Door, CitéoSquare, co-innovation, co-développement », Crois-sens.org, 29 juillet 2019, http://crois-sens.org/2019/07/29/sebastien-poulain-territoires-audacieux-innovation-docdoor-citeosquare/

BESOMBES Jean-Yves et DESFORGES Marc, « Devenir entrepreneur du Bien-Vivre pour accompagner la transformation des territoires », Crois-sens.org, 26 juin 2019, http://crois-sens.org/2019/06/27/webconferences-sur-les-entrepreneurs-euses-du-bien-vivre-interview-de-marc-desforges-et-jean-yves-besombes/

BRENGUIER Agathe, « Symbiogora : une communauté apprenante dédiée aux acteurs des écosystèmes territoriaux », crois-sens.org, 21 janvier 2019, http://crois-sens.org/2019/01/21/symbiogora-une-communaute-apprenante-dediee-aux-acteurs-des-ecosystemes-territoriaux/

HEIDSIECK Charles-Benoît (coordonné par), Dossier « Intérêt général : un concept en mutation », JURIS Associations, Juris édition – Dalloz, n°595, 15 mars 2019, p16-34, https://pro-bono.co/wp-content/uploads/2019/04/DossierJA-Mutation-Interet-General.pdf

LE RAMEAU, Parcours d’expérience. Co-construction territoriale. Premiers enseignements, Décembre 2018, https://coconstructionterritoriale.files.wordpress.com/2018/12/Le_RAMEAU-EnseignementsParcoursCoConstructionTerritoriale.pdf

« 5ème Rencontre des pionniers des alliances en territoire  » « Ensemble, valorisons les territoires ! » », Actes de la Rencontre du 26 juin 2019, co-constructionterritoriale.plateformecapitalisation.org, septembre 2019, https://co-constructionterritoriale.plateformecapitalisation.org/wp-content/uploads/2019/09/Synthese_5éme_Rencontre_Pionniers_2019_BAD.pdf

POULAIN Sebastien, « Le Guide Smart Citizen pour un territoire d’innovation enfin publié ! », crois-sens.org, 16 mai 2019, http://crois-sens.org/2019/05/16/le-guide-smart-citizen-pour-un-territoire-dinnovation-enfin-publie/

« Bilan : 5ème Rencontre des pionniers des alliances en territoire », territoires-audacieux.fr, 3 juillet 2019, https://www.territoires-audacieux.fr/2019/07/03/bilan-5eme-rencontre-des-pionniers-des-alliances-en-territoire/?fbclid=IwAR2X0ddAvH0zWbTaBeCEDCaEx30e7GhY61ldsvqhe-CuMdZnwOc2Svj-bAU#chapitre6

Atelier doctoral à Lyon !

Un atelier doctoral à Lyon !

Dans l’objectif d’améliorer la vie des chercheuses et chercheurs, un projet de tiers lieux qui leur est destinéest en train de se mettre en place dans toute la France.

L’idée est de créer un tiers lieux qui proposeraient des services tels qu’un FabLab, des logements, des espaces de co-working, des événements de médiation des sciences et des cultures européennes… Il s’agit de créer de la mixité, des rencontres, de l’entraide, de faire naître des collaborations et de nouveaux projets à l’échelle locale, nationale, européenne ou internationale.

Ce type de lieux peut aider pour la socialisation des doctorant.e.s et docteur.e.s, notamment les doctorant.e.s et docteur.e.s en échanges européens et internationaux.

L’objectif est donc de créer un tel lieu à Lyon en complément des institutions déjà existantes.

Nous faisons partie des personnes qui travaillent à la mise en place de ce projet et nous souhaitons organiser un atelier pour identifier au mieux les besoins/idées des doctorant.e.s et jeunes docteur.e.s pour co-construire ce lieu.

Nous avons déjà bon nombre d’idées concernant les services que nous pourrions proposer. Toutefois, par cet atelier, nous souhaiterions évaluer la pertinence de ces dernières et en trouver de nouvelles peut-être plus adaptées à vos besoins et envies.

Vous souhaitez partager vos idées ou simplement en apprendre plus sur ce projet, alors joignez-vous à nous dans cet atelier apéro-déjeunatoire brainstorming  

Date : 11 juin 2019

Horaire : 11h00 – 13h00 pour l’atelier et 13h00-14h00 pour l’apéro-déjeunatoire.

Lieu :

Université Jean Moulin Lyon 3

UMR CNRS 5600 Environnement, Ville, Société

salle 307

3ème étage

18 Rue Chevreul,

69007 Lyon

Plus d’info ici :

https://docdoorblog.wordpress.com/

Inscription :

Le nombre de place étant limité, pouvez-vous écrire à docdoor2016@gmail.com pour vous inscrire à cet atelier doctoral. Merci !

N’hésitez pas à diffuser via les réseaux sociaux : https://www.facebook.com/docdoor1/posts/828604660837964?__xts__[0]=68.ARCAkl88xCl8P1sFR-ka8CMx9eDQVqJnhXyJ1cp-o5b4HT1ItbrWlzojbNB_tOfq0DNx2MiJEHWW_tKX7bqYqfRySupNhIYXI6NyZKc6I0FlJLWIF0-36k0X0qSJabj57AyRdzPOYrBtPU3Ik5Kq0IDcQnFiKlOCXLn8PjdkUp5Z0dMUD2HCJcnRarpF0IjGSOPZSYkfXR4Jd5lWkW1sSXGSspeoc3yy-vNj_2WNzTmd-mTLi0tSUJ8IrfPjdmromnQF9o4h0dFBBnRNJAhaTi8Uijj8pH5pO2cse9C9prd7Z0atwtGg83xCOwWHBgCyWl5xl6JRHxlT7iYi_vrDck0&__tn__=-R

A bientôt !

Dr Camille Morel, chercheure associée au laboratoire Environnement, Ville, Société à Lyon

Sandrine Tobie, entrepreneuse du bien-vivre, Crois/Sens

Dr Sebastien Poulain, chercheur associé au laboratoire Mica, Université Bordeaux Montaigne

Références :

« Contribution de Dr Mathieu Fusi à l’atelier de réflexion sur le doctorat le 11 juin 2019 à Lyon », docdoorblog.wordpress.com, 5 juin 2019, https://docdoorblog.wordpress.com/2019/06/05/contribution-de-dr-mathieu-fusi-a-latelier-de-reflexion-sur-le-doctorat-le-11-juin-2019-a-lyon/

POULAIN Sebastien, « Bien-vivre doctoral : des ateliers sur la vie sociale et le logement des doctorant.e.s à Nancy », bien-vivre-maintenant.fr, 3 décembre 2018, https://bien-vivre-maintenant.fr/territoires/grand-est/nancy/bien-vivre-doctoral/

POULAIN Sebastien, « Un atelier apero-dinatoire brainstorming doctoral au Collège doctoral européen de l’Université de Strasbourg le 15 avril », docdoorblog.wordpress.com, 2 avril 2019, https://docdoorblog.wordpress.com/2019/04/02/un-atelier-apero-dinatoire-brainstorming-doctoral-au-college-doctoral-europeen-de-luniversite-de-strasbourg-le-15-avril/

POULAIN Sebastien, « Atelier brainstorming déjeunatoire pour améliorer la vie des chercheuses et chercheurs à Bordeaux le 14 juin ! », docdoorblog.wordpress.com, 31 mai 2018, https://docdoorblog.wordpress.com/2018/05/31/atelier-brainstorming-dejeunatoire-pour-ameliorer-la-vie-des-chercheuses-et-chercheurs-a-bordeaux-le-14-juin/

POULAIN Sebastien, « Bien-vivre doctoral : des ateliers sur la vie sociale et le logement des doctorant.e.s à Nancy », bien-vivre-maintenant.fr, 3 décembre 2018, https://bien-vivre-maintenant.fr/territoires/grand-est/nancy/bien-vivre-doctoral/

POULAIN Sebastien, « Le Guide Smart Citizen pour un territoire d’innovation enfin publié ! », crois-sens.org, 16 mai 2019, http://crois-sens.org/2019/05/16/le-guide-smart-citizen-pour-un-territoire-dinnovation-enfin-publie/

VICENTE Anne, « Doctorat : réflexion sur des notions de « temps » et de « bien-vivre » », bien-vivre-maintenant.fr, 14 janvier 2019, https://bien-vivre-maintenant.fr/territoires/grand-est/nancy/doctorat-temps-et-bien-vivre/

Retour sur les 3èmes rencontres de la participation

Les troisièmes Rencontres nationales de la participation
ont eu lieu à Grenoble les 11, 12 et 13 mars 2019.

participation
Atelier Interpellation et référendum d’initiative citoyenne : expérimentations locales et perspectives » Organisé par la ville de Grenoble et l’Observatoire international de la démocratie participative

Ces journées auxquelles 850 participants, 130 intervenants, 30 structures contributrices se sont croisées ont été l’occasion de revenir sur les enjeux bien actuels de la participation citoyenne. Elus, chercheurs, associations citoyennes, membres d’institution publiques, agences de concertations, … : tous se sont interrogés sur les modalités d’un « renouveau de la démocratie locale ». Différents formats (ateliers, conférences, jeux de rôle, forums ouverts, forum des initiatives citoyennes, visite de terrain, soirée de mise en réseau, Tribunal pour les générations futures) permettaient l’émulation et l’échange des savoirs et savoir-faire entre ces différents praticiens de la démocratie locale.

Introduites par le maire de la Ville, Eric Piolle, ces journées ne se déroulaient pas à Grenoble par hasard a-t-il tenu à souligner : en effet, cette ville gouvernée pendant presque 20 ans par Hubert Dubedout fut l’une des premières à mettre en place les Groupes d’Action Municipal qui interrogeaient déjà la structure traditionnelle des partis politiques. Aujourd’hui, Grenoble en est à son 5ème budget participatif et a mis en place dès 2016 une forme de Referendum d’Initiative Citoyenne.

Cette édition cette année a été fortement marquée par les évènements actuels (mouvement des Gilets Jaunes et Grand Débat National) sur lesquels la majorité des participants sont revenus dans leur intervention. La première table ronde portait ainsi sur l’organisation, le déroulement et surtout la portée attendue et souhaitable de ce Grand Débat National (GDN) pour répondre à ce mouvement sociale et plus largement à la demande grandissante d’inclusion citoyenne dans les processus de délibération démocratiques. Laurence Monnoyer-Smith, Commissaire Générale au Développement Durable, s’est dit abasourdie par le fossé entre le ressenti de la population et les ambitions affichées des responsables politiques. Ce décalage doit nous alerter car il reflète un manque de compréhension de l’état de détresse d’une partie de la population par le gouvernement qui ne se saisi pas ces enjeux. Chantal Jouano, présidente de la Commission Nationale du Débat Public (CNDP), est revenue ensuite sur les raisons qui ont poussées la CNDP à se retirer de l’organisation du GDN car les garanties de confiance n’étaient pas réunies pour garantir les conditions de transparence, d’indépendance et de neutralité du débat. Mathieu Orphelin, Vice-Président de Décider Ensemble et député du Maine-et-Loire, a rapporté par la suite son expérience personnelle des Réunions d’Initiatives Locales auxquelles il a assisté, insistant sur le sérieux des participants dans la démarche. Cela engage de ce fait le Gouvernement à donner des réponses à la hauteur de cet engagement. Enfin, Cédric Szabo, directeur de l’association des maires ruraux, insiste sur le besoin de considération des citoyens des communes rurales qui ont massivement participé via les cahiers citoyens mis à disposition dans les mairies. Ils attendent ainsi de grandes décisions suite à ces propositions sinon des questions structurelles sur le rôle des élus et de la démocratie se poseront.

  • Focus sur les Referendums d’Initiatives Citoyennes (RIC), atelier Organisé par la ville de Grenoble et l’Observatoire international de la démocratie participatives

Julien Talpin, chercheur au CERAPS à Lille constate les limites et les difficultés des dispositifs institutionnels et s’est intéressé aux formes d’interpellation citoyenne. Pour lui, les deux sont complémentaires et nécessaires pour « démocratiser les institutions » tout en permettant l’équipement de corps intermédiaires qui soient capables de s’imposer pour répondre aux crises démocratiques. Ainsi le RIC n’est pas une solution miracle, mais il peut contribuer et doit s’inscrire dans une démocratisation profonde des institutions. L’expérience du Community Organizing en Californie, qui a eu très souvent recourt au RIC, a montré des formes spontanées d’auto-organisation de la société civile et s’est souvent traduit par du progrès social (par exemple : une pression fiscale sur les plus fortunés à Los Angeles pour financer les services de santé public). Le RIC peut ainsi avoir un effet de justice sociale il est neutre politiquement : ni progressiste ni conservateur, en général il ne fait qu’enregistrer des rapports de force. Le plus intéressant dans le RIC serait donc dans le débat ou la campagne qui le précède qui permettrait l’expression de tous sur un sujet précis, plus que dans le résultat en lui-même.

L’exemple du Dispositif référendaire mis en place en 2016 par la Ville de Grenoble est intéressant car il s’agissait d’un vrai engagement pour la démocratie locale du candidat Piolle, qui a été depuis annulé et retoqué par le tribunal administratif. 26 pétitions ont été déposées en mairie entre 2016 et 2018, dont 16 pétitions ont été refusées car elles ne correspondaient pas compétences municipales, et sur les 10 pétitions éligibles restantes, 3 ont atteint le quorum nécessaire (2000 signatures). Les sujets soumis au vote des Grenoblois portait sur la modification du tarif de stationnement résident et les bibliothèques (le dernier n’ayant pu être organisé à cause de la décision du Tribunal).

En résumé, le RIC pose la question de la volonté politique des élus car il implique un partage de leur pouvoir et contraint leur marge de manœuvre décisionnaire malgré leur mandat initial. Ce dispositif participatif impose donc de repenser le rôle des élus et l’organigramme démocratique, sans être une réponse miracle

Rencontre de la participation
telier « Jeu de rôle dans le débat public : succès et limites » organisé par l’Office de consultation publique de Montréal

Toutes ces réflexions -et pas seulement celles sur le RIC – rejoignent les propositions de Crois Sens, notamment sur l’urgence de réinventer des dispositifs participatifs qui soient réellement bottom-up. La sur-institutionnalisation de la participation semble aboutir à l’inverse de l’effet escompté : le retrait des citoyens des processus délibératifs et la montée des mécontentements sociaux. En ce sens, Crois Sens réfléchit depuis quelques années à de nouvelles méthodes de mobilisations citoyennes que nous vous invitons à découvrir sur l’ensemble du site internet. Et ces journées de la participation seront peut-être l’occasion pour Crois/Sens de présenter son expérience l’an prochain !

Camille Morel

Références

MOREL Camille, « Transition environnementale : quel rôle pour les citoyens ? », crois-sens.org, 7 décembre 2018, http://crois-sens.org/2018/12/07/transition-environnementale-citoyens/

https://www.rencontres-participation.fr/

https://oidp.net/fr/content.php?id=1517

https://www.rencontres-participation.fr/

https://oidp.net/fr/content.php?id=1517

Michael Porter : Les clusters au service des territoires

Michael Porter

Michael Porter

1. Objets d’étude

Michael Porter est un professeur de stratégie d’entreprise de l’Université d’Harvard. Il est connu pour ses études sur la façon dont une entreprise peut obtenir un avantage concurrentiel. Ses thèmes de prédilection sont :

  • la stratégie d’entreprise,
  • l’économie du développement,
  • l’analyse de la chaine de valeur,
  • les systèmes de santé
  • les avantages concurrentiels,
  • la notion de cluster que l’on privilégie ici pour son optique territoriale, les apports en stratégies ne sont que brièvement abordés.

Michael Porter s’inspire de la Silicon Valley tout en recensant 60 clusters aux USA (le secrétaire général de l’OCDE en détecte près de 380 en 2001). Il en existe de nombreux dans le monde :

  • l’agglomération de Bangalore en Inde,
  • Silicon Fen (autour de Cambridge en Angleterre), Munich, Dublin,
  • en France : Paris-Saclay, Grenoble, Toulouse, Bordeaux

Lire CLUSTERS MONDIAUX (2008) à ce sujet.

Les clusters prennent différentes formes :

  • ceux qui s’appuient avant tout sur la recherche : es Pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) concernant les regroupements d’universités et de centres de recherches qui sont devenus les COMUE (communautés d’universités et établissements)
  • ceux qui s’appuient sur des savoir traditionnels : la Suisse pour l’horlogerie, Paris pour la haute couture et plus largement pour l’industrie du luxe en général, le Pays basque espagnol pour la sidérurgie et la machine-outil ou Genève pour la finance
  • ceux qui s’appuient principalement sur les nouvelles technologies et qui sont apparues en plusieurs étapes :
    • les technopôles (nom masculin) sont apparus vers 1970
    • les technopoles (nom féminin) sont apparues dans les années 1980
    • les 71 pôles de compétitivité français (7 pôles mondiaux, 11 à vocation mondiale et 53 pôles nationaux) sont apparus dans les années 2000

Voici carte des pôles de compétitivité de 2014 :

C’est un sujet sur lequel Cécile Ezvan a travaillé avec un article intitulé : « Les pôles de compétitivité : un vrai levier pour l’innovation des PME ? » (voir ci-dessous en référence). De même, Marc Desforges qui a publié « Les boucles locales d’innovation : la démocratie pour reterritorialiser la mondialisation ? » en 2012 et « Territoires et innovation » en 2013. Auparavant, il avait participé au rapport de Christian Blanc de mai 2004 « Pour un écosystème de la croissance » (voir ci-dessous en référence) remis au Premier ministre Jean-Pierre Raffarin qui faisait plusieurs suggestions/propositions :

  • redonner une dynamique à la croissance en s’appuyant sur les trois acteurs que sont l’universitaire (les enseignant et enseignant.e.s-chercheur.ses), l’entrepreneur et le chercheur,
  • donner aux conseils régionaux d’un certain nombre de compétences (gestion de la totalité des aides aux PME, soutien à l’innovation et à la recherche…),
  • refonder des universités,
  • financer davantage le système de recherche.

La philosophie des clusters irrigue les nouvelles politiques publiques, comme l’AMI puis l’APP « Territoires d’Innovation et de Grande Ambition » lancé en 2017.

Les origines des clusters se trouvent dans la théorie des avantages comparatifs approché par Robert Torrens en 1815 et démontré par l’économiste classique David Ricardo en 1817 dans ses Principes de l’économie politique et de l’impôt. Selon ce dernier, chaque pays (ou chaque région) qui participe au libre-échange international gagne au niveau richesse nationale à se spécialiser dans la production du bien ou service pour lequel il possède un avantage relatif, c’est-à-dire là où il est relativement le meilleur ou le moins mauvais en termes de productivité.

Mais revenons d’abord aux principes développés par Michael Porter.

2. Principes développés

2.1 Deux modèles sur la concurrence entre entreprises

2.1.1 Le « Modèle des cinq forces » (1979)

Michael Porter part du principe que la notion de concurrence doit être élargie. Au sein d’une industrie, il considère comme concurrent tout intervenant économique susceptible de réduire la capacité des firmes en présence à générer du profit. Il identifie ainsi cinq forces qui déterminent la structure concurrentielle d’une industrie de biens ou de services :

• le pouvoir de négociation des clients

• le pouvoir de négociation des fournisseurs

• la menace des produits de substitution

• la menace d’entrants potentiels sur le marché

• l’intensité de la rivalité entre les concurrents

Michael Porter
Michael Porter
Michael Porter

2.2 « Clusters and the New Economics of Competition », 1998

2.2.1 Le constat d’un paradoxe

Aujourd’hui, les entreprises peuvent accéder aux biens, à l’information et aux différentes technologies n’importe où dans le monde, souvent très rapidement. Théoriquement, des marchés mondialisés et ouverts, ainsi que des moyens de transport et de communication plus rapides devraient faire diminuer l’importance de la situation géographique en tant qu’avantage concurrentiel.

Pourtant l’économie mondiale est dominée par des clusters, sortes de masses critiques localisées dans un endroit donné et qui font montre d’un succès concurrentiel inégalé dans un secteur particulier.

Pour Michael Porter, le temps d’une économie où la concurrence se fait sur les prix des inputs (i.e des avantages comparatifs en dotation factorielle) est révolu. D’après lui, la concurrence est aujourd’hui plus dynamique et a lieu à propos de l’usage productif des inputs, lequel requiert une innovation permanente.

2.2.2 Définition et évolution des clusters

Voici la définition que donne Michael Porter :

  • en 1990 (The Competitive Advantage of Nations) : « une concentration géographique d’entreprises liées entre elles, de fournisseurs spécialisés, de prestataires de services, de firmes d’industries connexes et d’institutions associées (universités, agences de normalisation ou organisations professionnelles, par exemple) dans un domaine particulier, qui s’affrontent et coopèrent » ;
  • en 1998 (On Competition) : « une forme de réseau qui se produit dans une localisation donnée, où la proximité d’entreprises et d’institutions assure certains éléments communs et améliore la fréquence et l’impact des interactions »

Les clusters sont donc des concentrations géographiques de firmes et d’institutions interconnectées au sein d’un même secteur. Ils comprennent :

  • les fournisseurs,
  • les clients,
  • les fabricants de biens complémentaires,
  • les institutions publiques,
  • les think tanks,
  • les universités,
  • les associations.

Les frontières d’un cluster sont définies par les liens et les complémentarités entre firmes et institutions qui sont importantes à leur mise en concurrence. Ils peuvent très bien être transnationaux. Par exemple, à cheval entre l’Allemagne et la Suisse pour l’industrie chimique.

Grâce aux liens et aux synergies que les différents acteurs des clusters établissent, ces derniers entrainent à la fois de la coopération et de la concurrence. Les clusters constituent une organisation spatiale à mi-chemin entre les relations de proximité (dans lesquelles la confiance est primordiale) et les organisations verticales (sans toutefois en avoir les rigidités).

Une fois formés, les clusters s’auto-entretiennent surtout quand les institutions locales y sont favorables. Toutefois, une concurrence insuffisante signerait la mort d’un cluster.

Plus de détails dans la conférence « Reshaping Regional Economic Development: Clusters and Regional Strategy » lors du colloque “Mapping the Midwest’s Future. Regional Innovation Clusters and Competitiveness” à Minneapolis le 29 septembre 2014 :

Des organisations similaires aux « clusters » existent avec des dénominations différentes selon les contextes :

  • « pôles de compétence »,
  • « milieux innovateurs »,
  • « systèmes territoriaux d’innovation »,
  • « systèmes productifs localisés »,
  • « réseaux d’affaires »,
  • « écosystème d’affaires »,
  • « grappe industrielle »,
  • « district industriel »,
  • « systèmes localisés de production (SPL) »,
  • « Pôle Territorial de Coopération économique (PTCE »
  • « systèmes localisés de production et d’innovation (SLPI) »,
  • « pôle de compétitivité »,
  • « pôles de croissance »,
  • « pôles de compétence »,
  • « technopole »,
  • « technopôle »,
  • « Kompetenznetze »…

Voici un tableau qui présente les collaborations possibles en fonction des acteurs qui collaborent et de l’intervention des pouvoirs publics :

Michael Porter
Michael Porter
Michael Porter

Voici un tableau comparatif de Rachel Bocquet et Caroline Mothe (2008) qui montre les avantages du cluster par rapport aux districts traditionnels :

Michael Porter

3. Critiques

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3.1 Définition floue du cluster : « tout devient « cluster », dès lors que l’on constate une concentration géographique d’activités du même type ou un réseau d’acteurs économiques fortement innovants ». Ils « s’inscrivent dans un cadre institutionnel propre et s’appuient sur des instruments et des politiques publiques qui les différencient » (IAURIF, 2008) :

  • étendue géographique,
  • distance sociale,
  • nature des relations,
  • types d’acteurs,
  • conscience d’appartenance au cluster,
  • niveau de technologie,
  • cycle de vie…

Trois acceptions du mot cluster coexistent de fait :

  • La première, économique, met l’accent sur l’aspect sectoriel et fait du cluster un regroupement d’entreprises liées par des relations clients-fournisseurs ou par des technologies, des zones d’emploi, des clients ou des réseaux de distribution communs.
  • La seconde, relationnelle, s’appuie sur la mise en réseau des acteurs, la proximité géographique est alors très variable.
  • La troisième, plus territoriale, voit d’abord dans le cluster, un lieu, un pôle, présentant une masse critique d’acteurs grâce à une concentration particulièrement forte d’entreprises, d’organismes de recherche et de formation, opérant dans un domaine particulier, s’appuyant sur la présence de capital-risque, sur l’Etat et les collectivités territoriales et visant l’excellence internationale. L’ancrage territorial y est fort.

3.2 La vision très libérale de Michael Porter est très visible dans ses écrits. Est-elle compatible avec les idéaux démocratiques, sociaux, environnementaux ? Pour Omar Aktouf, Miloud Chenoufi et W. David Holford, Michael Porter légitime trois tendances générales inhérentes au capitalisme financier dominant :

  • la domination des grandes entreprises à travers des monopoles ou d’oligopoles,
    • la concentration du capital,
    • l’interdiction de tout mouvement menant à une véritable gestion participative. C’est ce qui a poussé Marc Desforges à reformuler la théorie dans « Territoires et innovation » (2013) et à créer Crois/Sens (2014) pour appliquer cette théorie.

3.3 Sa vision agonistique : tous les secteurs d’activité sont considérés exclusivement en termes de relations hostiles :

  • entre concurrents,
  • entre entreprises et consommateurs  ,
  • entre entreprises et fournisseurs.

Pourtant, des alternatives viables et rentables existent tant au niveau inter-entreprises que communautaire, basées sur la coopération et la collaboration, qui peuvent améliorer :

  • les conditions sociales,
  • les opportunités de travail,
  • le développement du potentiel humain,
  • l’accès à davantage de compétences et de connaissances,
  • une différenciation accrue,
  • des innovations de produits complémentaires,
  • une augmentation de la taille du marché,
  • un catalyseur pour la création de connaissances et l’innovation.

A Crois/Sens, nous préférons parler de complémentarité et d’émulation. Le concept de « coopétition » a été popularisé par Adam Brandenburger et Barry Nalebuff dans La Co-opétition : Une révolution dans la manière de jouer concurrence et coopération publié en 1996. L’Organisation de coopération et de développement économiques (l’OCDE) opte pour une approche « résiliaire » du cluster fondée sur l’association étroite des différents acteurs, dont les acteurs publics (1999). Crois/Sens propose d’utiliser les SCIC (Sociétés coopératives d’intérêt collectif) pour mettre en place des « sociétés de projet » et des PTCE (Pôle Territorial de Coopération économique) pour que les différents acteurs et actrices du territoire puissent collaborer ensemble (Brenguier et Morel, 2018) et notamment les citoyen.ne.s qui est une population difficile à mobiliser et pourtant très utile pour animer les territoires (Morel, 2018).

3.4 La prise en compte des objectifs publics ? Pour Michael Porter, le jeu concurrentiel au sein et entre clusters augmentera le bien-être des individus. Mais la puissance publique ne cherche-t-elle que l’efficacité économique ? Quid de l’intérêt général ? A Crois/Sens, nous pensons que c’est la collaboration de tous et toutes qui permettra d’atteindre l’intérêt général ainsi que de protéger les « biens communs ».

3.5 Le modèle économique proposé se caractérise par un déterminisme environnemental et une attitude cartésienne linéaire à l’égard de problèmes complexes, qui supposent qu’une entreprise est simplement la somme de ses parties, par opposition à une relation complexe, incertaine et en constante évolution dans la réalité.

3.6 Le manque de preuves empiriques pour justifier ses thèses et l’appuie sur des cas d’étude spécifique. Voir Sharp et Dawes (1996), Speed (1989)…

3.7 L’avenir des acteurs hors du cluster : que se passe-t-il pour les acteurs.rices du territoire situé.e.s en dehors des clusters où sont concentrés les énergies ? Ne vont-ils pas s’affaiblir ? Bénéficieront-ils des clusters par « rayonnement » ou « ruissellement » ? On peut en douter car il n’y pas de preuve scientifique de cette non théorie critiquée particulièrement par Dr Jean Ziegler dans Les Nouveaux Maîtres du monde (2002) où il explique que la thésaurisation et l’enrichissement personnel semblent être la règle et que le phénomène de ruissellement une exception. D’où notre volonté, à Crois/Sens, d’élargir notre réflaxion à l’ensemble du territoire pour qu’il n’y ait pas une concentration mais une inclusion de l’ensemble du territoire.

3.8 Le changement de contexte : Les théories de Michael Porter se basent sur la situation économique dans les années 1980. Cette période était caractérisée par une forte concurrence, des cycliques de développement et un marché relativement stable. Mais 3 évolutions ont changé la donne selon Larry Downes (1997) :

  • l’arrivée et le développement d’internet,
  • l’augmentation de la mondialisation,
  • la dérégulation.

3.9 Les propositions d’amélioration du modèle

De nombreux points d’achoppement ont été révélés par la communauté scientifique, notamment à propos :

  • des acteurs,
  • des limites géographiques de la coopération,
  • de la nature des liens,
  • du domaine d’activité concerné,
  • du poids des héritages historiques
  • de l’importance de l’intervention publique.

Michael Porter avait pour objectif de faire du cluster un concept large, simple et opérationnel, mais il s’est avéré flou et parsemé d’inconnues. Pour l’éclaircir, des économistes territoriaux spécialisés en hautes technologies ont proposé un nouveau concept : celui de « cluster d’innovations » ou « cluster innovant ». Leurs principales caractéristiques sont résumées sur la figure suivante élaborée par Divya Leducq et Bruno Lusso (2011) :

Michael Porter

Selon eux, plusieurs conditions sont nécessaires pour une réussite, quelle que soit le domaine (des secteurs hautement technologiques ou non, comme dans l’agro-alimentaire, les industries numériques ou culturelles) :

  • le rôle des politiques publiques demeure capital dans l’émergence, la structuration, mais aussi la résilience du cluster innovant,
  • l’échelle nationale doit participer à la mise en place de réseaux de toute sorte,
  • le pouvoir régional facilite l’ancrage territorial des entreprises du cluster,
  • la qualité de l’environnement local (infrastructures et cadre de vie),
  • la présence de créatifs ou de talents,
  • des investissements humains,
  • des apports financiers,
  • un travail sur le long terme,
  • une coopération extrêmement étroite,
  • une diversité d’acteurs du système (entreprises, structures de formation, instituts de recherche publics ou privés, et pouvoirs publics)

Ci-dessous un tableau présentant les différentes aides publiques possibles pour ce type d’organisation (Favereau, 1998, Carré, 2009) :

Michael Porter

Dr Gwenaelle Oruezabala annonce déjà les « datasystèmes d’innovation » où le vivant est exclu de son environnement biologique (éco) pour être remplacé par des données (data). Ils créent ainsi leur propre système, leur propre interaction, perturbation et régulation et in fine leurs propres richesses. Ci-dessous son tableau montrant l’évolution historique vers plus de numérique et plus d’innovation.

Michael Porter

4. Conclusion

Plus récemment, la pensée et les sujets de recherche de Porter ont évolué et porté sur internet et la réalité augmentée :

  • « Strategy and the Internet » (2001),
  • « Creating Shared Value » (2011),
  • « How Smart, Connected Products are Transforming Competition » (2014),
  • « How Smart, Connected Products are Transforming Companies » (2015),
  • « Why Every Organization Needs an Augmented Reality Strategy » (2017).

Mais ce sont d’autres travaux qui nous intéressent. Avec le professeur Scott Stern du MIT Sloan School of Management, Michael Porter dirige l’étude The Social Progress Imperative (créés en 2012 et plus connue sous le nom de Social Progress Index) qu’il considère comme « le cadre mis au point le plus complet pour mesurer le progrès social et le premier à mesurer le progrès social indépendamment du produit intérieur brut (PIB) » (Info Harvard magazine). Il affirme en 2017 qu’« Une croissance économique seule n’est pas suffisante pour faire avancer les sociétés et améliorer la qualité de vie de leurs citoyens. Un vrai succès, et une croissance inclusive, nécessitent d’accomplir des progrès sociaux en parallèle » (info La Tribune). Les enquêteurs définissent ce classement en fonction de critères précis :

  • Les besoins de base (Basic Human Needs), basés sur l’alimentation, la santé, l’assainissement, le logement, l’accès à l’électricité, la sécurité…
  • Les fondations au bien-être (Foundations of Well-being), basées sur l’alphabétisation, l’éducation, l’accès aux médias, l’espérance de vie, le taux de suicide, l’obésité, la pollution, l’environnement, etc.
  • Les opportunités (Opportunity), basées sur les droits politiques, de propriété, la corruption, la tolérance sociale, l’accès à l’éducation supérieure.
socialprogress.org

Voici les résultats pour la France :

socialprogress.org

Source : https://www.socialprogress.org/?tab=2&code=FRA

Ces travaux nous intéressent à Crois-sens car nous essayons aussi de trouver des critères autres que purement économiques :

  • D’où un précédent article sur Amartya Sen : « Capabilités de Amartya Sen : une source d’inspiration majeure pour Crois-sens » (2018)
  • L’intérêt pour les travaux de Cécile Ezvan, Cécile Renouard et Hélène Lhuillier sur l’indice de capacité relationnelle
  • L’évaluation de la contribution des entreprises au bien vivre dans les territoires (Morel et Ezvan, 2019)
  • Les indicateurs du bien-vivre (Morel et Tobie, 2018, Brenguier et Morel, 2018)
  • Les formes de coopération renforcée (Morel et Courpasson, 2018)
  • La participation citoyenne (Morel, 2018)

Il s’agit enfin d’intégrer le « bien-vivre », l’environnement… pour juger de la compétitivité des entreprises, des territoires, des clusters… Beaucoup de choses restent à faire mais c’est encore possible et nous commençons à en prendre conscience.

PS : Petite anecdote : Michael Porter a conseillé la National Football League (NFL) quand est apparue en 1983 la United States Football League (USFL) pour la concurrencer. Les conseils de Porter – avec une présentation intitulée « how to conquer the UFSL » en 1984 – ont abouti à la disparition de l’UFSL dès 1985. La NFL a perdu son procès pour ses pratiques anti-concurrentielles. Mais la condamnation a été faible et il était trop tard !

Dr Sebastien Poulain

Chargé de recherche Crois/Sens

5. Bibliographie non exhaustive

5.1 Bibliographie de Michael Porter :

« How Competitive Forces Shape Strategy », Harvard Business Review, 1979, http://www.business.uwm.edu/gdrive/Goranova_M/Readings_712/Porter%205%20forces.pdf.

Competitive Strategy : Techniques for Analyzing Industries and Competitors, Free Press, New York, 1980 (Republished with a new introduction, 1998).

Competition in Global Industries, Harvard Business School Press, Boston, 1986.

« From Competitive Advantage to Corporate Strategy », Harvard Business Review, 1987, https://hbr.org/1987/05/from-competitive-advantage-to-corporate-strategy.

The Competitive Advantage of Nations, Free Press, New York, 1990 (republié en 1998)

« Towards a Dynamic Theory of Strategy », Strategic Management Journal, 1991, https://onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.1002/smj.4250121008.

« What is Strategy », Harvard Business Review, 1996, https://iqfystage.blob.core.windows.net/files/CUE8taE5QUKZf8ujfYlS_Reading+1.4.pdf.

« Clusters and the New Economics of Competition », Harvard Business Review, 1998, https://hbr.org/1998/11/clusters-and-the-new-economics-of-competition.

On Competition, Harvard Business School Press, 1998.

Avec Elizabeth Olmsted Teisberg, Redefining Health Care : Creating Value-Based Competition On Results, Harvard Business School Press, 2006, https://www.hbs.edu/faculty/Publication%20Files/20060502%20NACDS%20-%20Final%2005012006%20for%20On%20Point_db5ede1d-3d06-41f0-85e3-c11658534a63.pdf.

« The Five Competitive Forces That Shape Strategy », Harvard Business Review, 2008, http://www.ibbusinessandmanagement.com/uploads/1/1/7/5/11758934/porters_five_forces_analysis_and_strategy.pdf.

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Dr Sebastien Poulain

Chargé de recherche Crois/Sens

Sebastien Poulain
Sebastien Poulain

Naissance d’un nouveau PTCE dans les Vosges ?

Un nouveau PTCE va-t-il naître dans la Communauté d’Agglomération de Saint-Dié des Vosges (CASDDV) ?

Depuis le début de l’année 2019, Crois-Sens accompagne la Communauté d’Agglomération de Saint-Dié des Vosges (CASDDV) dans le cadre d’une étude de faisabilité relative à l’émergence d’un Pôle Territorial de Coopération Économique sur le territoire.

Qu’est-ce qu’un Pôle Territorial de Coopération économique ?

Un Pôle territorial de coopération économique (PTCE) est un regroupement d’entreprises de l’Économie sociale et solidaire (ESS), d’entreprises commerciales, d’acteurs publics et d’organismes de formation, d’enseignement ou de recherche. Sur un territoire déterminé, ce groupement met en œuvre une stratégie commune et durable de coopération au service de projets économiques innovants pour le développement local. On dénombre en France plus de 150 PTCE, à différents stades de maturité.

L’ambition de la communauté d’agglomération de Saint Dié des Vosges

La CASDDV fait partie des territoires ruraux menacés par un risque de décrochage, en partie consécutif à d’importants mouvements de désindustrialisation dans les dernières années. Les problématiques liées à l’emploi y sont majeures. Le projet de PTCE permet en ce sens d’impulser une dynamique pérenne de revitalisation économique, portée par les acteurs du territoire. Il s’agit donc de fédérer l’ensemble des acteurs autour d’un projet qui réponde concrètement aux besoins des entreprises et des populations, et qui permette d’organiser la transversalité sur le territoire afin de faire projet.

L’entrée par le bien-vivre proposée par Crois-Sens

Crois-Sens a proposé comme axe de réflexion autour de l’émergence d’un PTCE le bien-vivre, défini comme l’accès à la santé, à la mobilité, à une bonne alimentation, au lien social, à des loisirs, etc. Nous considérons en effet que cet axe a des potentialités en matière de création d’emplois et de nouveaux services pour les habitants, mais également en renforcement de l’attractivité touristique du territoire et d’attraction de nouveaux talents.

Un premier jalon dans la co-construction

Crois-Sens a accompagné la CASDDV dans l’organisation d’un premier atelier fédérateur : ce sont plus de 30 acteurs du territoire (collectivités, associations, entreprises, réseaux professionnels…) qui ont participé à une première session d’ateliers en février 2019. Ces ateliers avaient pour objectif de partager l’ambition du territoire et de définir des axes prioritaires de travail, autour des enjeux d’éco-construction, d’alimentation, de loisirs ou encore de numérique. Des groupes de travail viendront approfondir ces sujets dans les prochains mois.

Agathe Brenguier

Références :

Communauté d’Agglomération de Saint-Dié des Vosges (CASDDV), https://www.ca-saintdie.fr/?start=36

BRENGUIER Agathe, « Symbiogora : une communauté apprenante dédiée aux acteurs des écosystèmes territoriaux », crois-sens.org, 21 janvier 2019, http://crois-sens.org/2019/01/21/symbiogora-une-communaute-apprenante-dediee-aux-acteurs-des-ecosystemes-territoriaux/

BRENGUIER Agathe, « Projet TIGA : Crois-Sens accompagne la Métropole Européenne de Lille dans sa stratégie de territoire « MELtamorphose » », crois-sens.org, 7 septembre 2018, http://crois-sens.org/2018/09/07/projet-tiga-crois-sens-accompagne-la-metropole-europeenne-de-lille-dans-sa-strategie-de-territoire-meltamorphose/