Alliances territoriales : compte-rendu des 5èmes rencontre des pionniers des alliances en territoire

Les alliances territoriales : compte-rendu de la 5ème rencontre des pionniers des alliances en territoire

La 5ème rencontre des pionniers des alliances en territoire organisées le 26 juin 2019 par Le Rameau avec le titre « Ensemble, valorisons les territoires ! » de 9h à 17h30 au siège de la Fédération Nationale des Caisses d’Epargne (5, rue Masseran 75007 Paris).

Alliances

Présentation de la rencontre sur les alliances territoriales :

76% des maires considèrent que leur territoire est entré dans une dynamique de co-construction à la fois pour réduire les fragilités et pour créer de nouveaux moteurs de croissance et d’emploi, et 46% d’entre eux ne savent pas encore comment piloter ce mouvement d’alliances innovantes (Rapport quinquennal PHARE « Fragilités et co-construction territoriale » (Observatoire des partenariats, février 2018)).

La « catalyse » a progressivement émergé comme 3ème ingénierie territoriale aux côtés de celles de gestion et du management de projets locaux. Elle facilite la mobilisation collective des acteurs d’un territoire pour agir ensemble au service des défis communs. En une décennie, le métier de « catalyseur territorial » s’est structuré empiriquement pour accompagner le mouvement de co-construction. Dès 2014, les « pionniers » ont créé un réseau informel pour partager les pratiques et construire ensemble des outils utiles à tous les territoires. La richesse de ce réseau est la diversité de ses membres qui proviennent d’écosystèmes très complémentaires : Collectivités territoriales, associations, entreprises, accompagnateurs, institutions, acteurs académiques… Ils sont aujourd’hui plus de 350 sur les territoires métropolitains et ultra-marins à souhaiter capitaliser les pratiques innovantes. La Rencontre annuelle est l’occasion de mettre en partage les avancées et les difficultés de l’ingénierie de co-construction territoriale.

La rencontre était organisée en conférence plénières et en ateliers de réflexion. Nous allons rendre compte des propos tenus par les intervenants lors des plénières puis donner les fruits des réflexions des 4 ateliers en ce qui concerne la valorisation des dynamiques territoriales.

Les conférences plénières :

Jacqueline GOURAULT, Ministre de la Cohésion des territoires représentée par Hugo Bevort, directeur des stratégies Territoriales, CGET

Discours : transition des paradigmes politiques (de la DATAR, puis égalité des territoires (impasse), puis cohésion), diversité des territoires, démarche sur mesure, construire avec les acteurs, accent sur les métropoles mais tout le monde a une carte à jouer (égalité des possibilités), développer des liens de solidarité et de la connexion en plus des Infrastructures (insuffisantes en elle-même)

Bettina LAVILLE, Présidente-Fondatrice du Comité 21

« Les ODD permettent-ils une vision partagée mobilisatrice ? »

Présentation : En 1995, Bettina LAVILLE a co-fondé le Comité 21, le 1er réseau français multi-acteurs du développement durable, qu’elle préside actuellement. Le Comité 21 a pour but de proposer une vision globale et opérationnelle des enjeux de la transformation, en s’appuyant notamment sur l’Agenda 2030. Le 25 septembre prochain, elle va publier un guide sur l’appropriation des ODD par les Collectivités locales.

Discours : clarifier les notions d’intérêt général, d’intérêt communautaire, d’intérêt planétaire, de bien commun via les ODD

Philippe JAHSHAN, Président du Mouvement Associatif

« Quelle est la force de l’engagement territorial ? »

Présentation : Depuis 2008, Le Mouvement associatif s’est associé à l’Observatoire des partenariats pour suivre le mouvement d’alliances entre les associations et les entreprises, et plus globalement la dynamique de co-construction en France. Le dossier « JURIS Associations » n°595 « Intérêt général : un concept en mutation » coordonné par Charles-Benoît Heidsieck et publié le 15 mars 2019 sur « les mutations de l’intérêt général » souligne le besoin de clarifier le rôle des acteurs sur l’intérêt général.

Discours : La démocratie s’invite dans l’économie (Mauss et Polyani) via les associations qui créent du service, de l’émancipation, de l’emploi, de l’émancipation, de l’initiative grâce à la coopération avec le secteur public et les entreprises, des nouvelles compétences (savoir-faire, savoir être, savoir interagir (Ingénierie de l’interaction et co construction)), la sortie des silos sectoriels et par acteur.

Hélène VALADE, Présidente de l’ORSE (l’Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises (Orse))

« La RSE territoriale est-elle un mythe ou une réalité ? »

Présentation : Hélène VALADE est présidente de l’Orse, l’Observatoire de la Responsabilité Sociale des Entreprises, qui accompagne les stratégies RSE dans les entreprises depuis 2000. Elle dispose d’une vision transversale élargie, à travers vos responsabilités pour le groupe Suez, ainsi que de ses engagements au sein du C3D et de la Plateforme RSE.

Discours : application de la Loi pacte avec le changement de rôle de l’entreprise ; le privé se rapproche du public pour coconstruire des actions

Jean-François CARON, Maire de Loos-en-Gohelle

« Comment les élus locaux appréhendent-ils les nouvelles méthodes de co-construction territoriale ? »

Présentation : Il estmaire de Loos-en-Gohelle, ancienne cité minière transformée en ville pionnière de la transition énergétique. La rénovation du dialogue auprès des citoyens est emblématique. Il a également initié un « atelier des villes pairs et des territoires-pilotes de transition » pour créer un référentiel partagé pour les territoires en transition.

Discours : passage à nouveau monde via l’imaginaire, la motivation, l’action, la conduite de changement psychologique, le changement de posture, de manière d’être, une communauté apprenante, la co-construction (nouvelle éducation populaire), l’empowerement, le management de projet, la transition systémique

Gisèle ROSSAT-MIGNOD, Directrice du réseau Banque des Territoires de la Caisse des Dépôts

Présentation : Gisèle ROSSAT-MIGNOD est directrice du réseau Banque des Territoires de la Caisse des Dépôts. Ce réseau souhaite soutenir et développer, par des investissements mais aussi de l’accompagnement, les projets des territoires. Il a lancé 4 plans majeurs à cet égard : un Grand plan d’investissements, un Plan logement, le Programme action cœur de ville et les Territoires d’industrie.

Discours : lutter contre la fracture territoriale, plus inclusif, plus connecté, plus attractif, plus durable, plus efficace, plus proches des acteurs locaux, y compris petites villes,

Amine BELEMLIH, directeur-fondateur, Blue Storm, représentant de Tamkeen Li Tanmia

Présentation : Amine BELEMLIH estfondateur et directeur associé du cabinet Blue Storm, situé au Maroc. Au « Sommet des Deux Rives » de Marseille, son projet Tamkeen Li Tanmia (Capacitation pour le développement, en arabe), soutenu par l’AFD, représente le Maroc comme initiative emblématique de la société civile. Ce projet collectif illustre une dynamique inédite au Maroc de co-construction multi acteurs (public, privé, société civile) sur 2 axes. Il vise le développement de l’économie sociale et solidaire dans la province de Rhamna, autour de filières d’excellence dans les produits du terroir (adjacente à Marrakech) et l’innovation entrepreneuriale dans le domaine de l’Agritech, dans la région de Fès Meknès.


Résultats de l’atelier sur la valorisation des dynamiques territoriales

40 personnes représentantes d’organisations : des chercheurs, des fondations de grandes entreprises, structures para publiques, clusters, collectivités territoriales

Ils ont été divisés en 4 groupes parallèles pour 2 thématiques de réflexion :

  • l’évaluation le matin
  • la valorisation des dynamiques territoriales l’après-midi

Voici les résultats des réflexions des 4 groupes :

Le Groupe Bleu animé par Jean Maillet (UNADEF), Camille Henrion (doctorante chargée de mission à Clus’Ter Jura) et Eric Marchadier (Le Catalyseur, Directeur exécutif de la Fondation Catalyses à l’Université Paul Sabatier Toulouse III) a fait les propositions suivantes :

Proposition 1 : Financer les hommes et pas seulement les investissements

  • Inventer des modèles économiques
  • Donner de la valeur à la catalyse territoriale
  • Connaître les apports de chacun
  • Inscrire le financement dans la durée

Proposition 2 : Se former à coopérer

  • Apprendre à apprendre ensemble
  • Apprendre à être inclusif, avoir une représentation de l’autre (vis ma vie)
  • Faire des récifs collectifs, dimension narrative et réflexive

Proposition 3 : Mise en valeur du positif dans les organisations

  • Chacun doit trouver son compte
  • Comprendre la variété des besoins et des maturités
  • Valoriser les actions et les représentations
  • Définir une variété d’évaluation pour être capable de les mettre en valeur

Le Groupe rouge animé par Alexia Gazel (Chargée de projets d’innovation publique chez Commissariat général à l’égalité des territoires – CGET), Frédérique Marquet (Directrice adjointe innovation- expérimentation territoriale à Paris Est Marne et Bois) et Xavier Roussinet (Directeur associé chez Terre d’avance) a fait les propositions suivantes :

Proposition 1 : Trouver des ambassadeurs pour inspirer

  • Des champions charismatiques pour inspirer
  • Des modèles pour montrer que c’est possible (témoignages de pairs)

Proposition 2 : renforcer les moyens

  • Développement des compétences marketing
  • Développer l’outil numérique

Proposition 3 : accélérer le plaidoyer vers :

  • Le grand public
  • Institutions
  • Acteurs économiques

Le Groupe vert animé par Julien Loyer (DG de Bleu Blanc Zèbre), Christophe Besson Léaud (président d’Alliance & Sens & Economie) et Diane Hassan (fondatrice cabinet Accélér’actions) a fait les propositions suivantes :

Proposition 1 : Co-former les acteurs ensemble / Développer des compétences collectives

  • Donner l’espace pour que chacun explique sa posture dans un cadre défini (exemple Trappes)
  • Vivre ensemble une expérience de coconstruction (exemple des lieux vacants)
  • Cartographier les expérimentations les compétences de chacun

Proposition 2 : Co-construire avec / S’appuyer sur les réseaux présents sur « tous les territoires »

  • Impliquer au départ les acteurs les plus concernés
  • Identifier les enjeux communs / aligner les intérêts
  • Cartographier les acteurs et mettre à disposition la liste auprès des territoires

Proposition 3 : Concrétiser, capitaliser et diffuser

  • Incarner et structure dans la durée (gouvernance relative et partagée (SCIC), élargissement des parties prenantes et transparence en continue) pour capitaliser
  • Co-produire des outils et contenus
  • Médiatiser à tous les niveaux (local, national et international) en construisant son média ou s’appuyant sur l’existant

Le Groupe jaune animé par Bérengère Daviaud (Chargée de mission Emergence et ESS chez Avise), Odile Salomon (Vice-Présidente de Pays d’Aix Associations (PAA), porteur du projet « Envies d’Alliances »), Cécile Dublanche (directrice de Villes au carré)

Proposition 1 : Développer des voyages d’étude pour s’inspirer et se rassurer

  • RNMA : exemple de rencontre nationale en Guyane
  • Réseau européen des fondations, voyage dans un pays européen pour rencontrer des fondations territoriales et communautaires

Proposition 2 : organisation de partage d’informations et d’outils (rencontres, numérique…)

  • Cosoter
  • Carrefour des innovation sociales
  • Développer et financer des compétences numériques, communication
  • Plateforme Wweeddoo / mur de partage de galères et de bonnes pratiques

Proposition 3 : faire reconnaitre l’innovation sociale territoriale

  • Pays d’Aix Associations : intégrer un comité opérationnel CL Attractivité de la ville d’Aix
  • Approches d’essaimage « intelligents » : Fabrique de l’innovation sociale HUMANIS, Communauté émergente de l’Avise

Sont intervenus de nombreux acteurs du développement des alliances territoriales :

  • Florence Raineix, Directeur Général de la Fédération Nationale des Caisses d’Epargne
  • Cosoter (COhésion SOciale Territoriale) représenté par Cécile Dublanche (directrice)
  • le Carrefour des innovations sociales
  • la e-communauté développement local du CNFPT
  • Territoires Conseils de la Caisse des Dépôts représenté par Sylvain Baudet (Chargé de mission Développement économique)
  • l’Observatoire des territoires du CGET
  • Plateforme « l’innovation territoriale en actions »
  • KiMSO
  • FIDAREC : Forum International pour la dynamique territoriale des Acteurs Responsables et de l’Economie Circulaire
  • Révélateurs de Richesses Immatérielles
  • Social Value France
  • l’Avise
  • le réseau Bleu Blanc Zèbre
  • l’UNADEL : Union Nationale des Acteurs et Structures du Développement Local
  • Cluster Jura
  • Le Catalyseur
  • Alliance Sens & Economie
  • Paris Est Marne et Bois
  • Terre d’avance
  • Acceler’actions
  • Convergences
  • Estelling
  • Envies d’Alliances – Pays d’Aix Associations
  • Villes au Carré

A noter que j’ai été interviewé à cette occasion par l’équipe Territoires audacieux (https://www.territoires-audacieux.fr/) à propos du projet qu’il portait quand il a été recruté (les maisons du doctorat) et sur les projets de Crois/Sens :

Dr Sebastien Poulain

Chargé de recherche Crois/Sens

Références :

POULAIN Sebastien, « Dr Sebastien Poulain interviewé par Territoires audacieux sur Doc’Door, CitéoSquare, co-innovation, co-développement », Crois-sens.org, 29 juillet 2019, http://crois-sens.org/2019/07/29/sebastien-poulain-territoires-audacieux-innovation-docdoor-citeosquare/

BESOMBES Jean-Yves et DESFORGES Marc, « Devenir entrepreneur du Bien-Vivre pour accompagner la transformation des territoires », Crois-sens.org, 26 juin 2019, http://crois-sens.org/2019/06/27/webconferences-sur-les-entrepreneurs-euses-du-bien-vivre-interview-de-marc-desforges-et-jean-yves-besombes/

BRENGUIER Agathe, « Symbiogora : une communauté apprenante dédiée aux acteurs des écosystèmes territoriaux », crois-sens.org, 21 janvier 2019, http://crois-sens.org/2019/01/21/symbiogora-une-communaute-apprenante-dediee-aux-acteurs-des-ecosystemes-territoriaux/

HEIDSIECK Charles-Benoît (coordonné par), Dossier « Intérêt général : un concept en mutation », JURIS Associations, Juris édition – Dalloz, n°595, 15 mars 2019, p16-34, https://pro-bono.co/wp-content/uploads/2019/04/DossierJA-Mutation-Interet-General.pdf

LE RAMEAU, Parcours d’expérience. Co-construction territoriale. Premiers enseignements, Décembre 2018, https://coconstructionterritoriale.files.wordpress.com/2018/12/Le_RAMEAU-EnseignementsParcoursCoConstructionTerritoriale.pdf

POULAIN Sebastien, « Le Guide Smart Citizen pour un territoire d’innovation enfin publié ! », crois-sens.org, 16 mai 2019, http://crois-sens.org/2019/05/16/le-guide-smart-citizen-pour-un-territoire-dinnovation-enfin-publie/

« Bilan : 5ème Rencontre des pionniers des alliances en territoire », territoires-audacieux.fr, 3 juillet 2019, https://www.territoires-audacieux.fr/2019/07/03/bilan-5eme-rencontre-des-pionniers-des-alliances-en-territoire/?fbclid=IwAR2X0ddAvH0zWbTaBeCEDCaEx30e7GhY61ldsvqhe-CuMdZnwOc2Svj-bAU#chapitre6

« Une méthodologie efficace et des outils clés » : formation EBV épisode 3 par Elodie Prouvost Dusart

« Une méthodologie efficace et des outils clés » : formation EBV épisode 3 par Elodie Prouvost Dusart

Une méthodologie efficace

A l’occasion du lancement de la 2ème saison de la formation « Entrepreneurs.euses du bien-vivre », nous avons souhaité réaliser une vidéo de présentation de ce nouveau métier et de la formation pour développer les compétences nécessaires.

Nous avons donc interrogé ceux qui ont mis en place cette formation et ceux, ou plutôt celles qui ont suivi cette formation pour leur demander ce qu’ils en pensent :

  • Episode 1 : « Pourquoi avoir voulu faire cette formation ? » C’est Aurélie Legrand, Entrepreneuse du bien-vivre à Mirecourt, qui a répondu à cette question.
  • Episode 2 : « Pourquoi avoir voulu créer une formation EBV ? » C’est Marc Desforges, Président de Crois/sens,
  • Episode 3 : « En quoi consiste la formation EBV ? » C’est Elodie Prouvost Dusart, Entrepreneuse du bien-vivre à Lille, qui a répondu à cette question.
  • Episode 4 : « Comment avez-vous mis en œuvre la formation EBV ? » C’est Jean-Yves Besombes, Associé de Crois/sens et Président de PRAGMA-TIC, qui a répondu à cette question.
  • Episode 5 : « Que vous a apporté cette formation EBV ? » C’est Virginie Desforges, Entrepreneuse du bien-vivre à Mirecourt, qui a répondu à cette question.
  • Episode 6 : « Quelles sont les missions d’un.e EBV, concrètement ? » C’est Sandrine Tobie, Entrepreneuse du bien-vivre à Lyon, qui a répondu à cette question.

Voici donc une présentation de la formation par Elodie Prouvost Dusart, Entrepreneuse du bien-vivre à Lille :

La formation d’Entrepreneur du bien-vivre nous donne une méthodologie efficace et des outils clés en main pour apprendre à travailler à deux échelles :

  • à l’échelle des habitants et de leur qualité de vie,
  • l’échelle du territoire et de sa dynamique.

Donc on apprend à connaitre et comprendre ce territoire ciblé. On identifie aussi ses acteurs, qu’ils soient privés ou publics :

  • les institutions,
  • les entreprises,
  • les élus,
  • les citoyens… toute partie prenante de ce territoire !

On apprend aussi à identifier les problématiques du territoire pour qu’il corresponde mieux aux attentes des habitants.

On peut voir l’une des actions réalisées par les Entrepreneuses du bien-vivre dans l’article d’Agathe Brenguier, cheffe de projet Bien-vivre maintenant, intitulé « Le Festival Utopic & Co 2018 célèbre sur le bien-vivre sur le territoire de Mirecourt(-Dompaire) et ses alentours ». Camille Morel, chargé de recherche spécialiste de participation citoyenne a relaté la préparation de l’événement dans un article intitulé « Des réunions publiques pour préparer le festival Utopic & Co ».

Marc Desforges a publié une tribune le 9 décembre 2018 sur le sujet intitulée : « Et si vous deveniez Entrepreneur·euse du bien-vivre ? » puis une webconférence à destination des entreprises. A ce sujet, 17 patrons des plus grandes entreprises françaises ont signé récemment un manifeste afin de promouvoir le « mécénat de compétences » qui permet de financer cette formation.

Nous allons organiser une webconférence le jeudi 14 mars 2019 de 17h00 à 17h30 intitulée « Devenir entrepreneur du Bien-Vivre pour accompagner la transformation des territoires » dont voici la présentation et les modalités d’inscription : https://www.lecampus.online/conferences/devenir-entrepreneur-du-bien-vivre-pour-accompagner-la-transformation-des-territoires.

Voici la vidéo de l’interview réalisée par Gaspard Rolland :

Dr Sebastien Poulain

Chargé de recherche

Références :

« Une formation nouvelle au service du bien-vivre : les entrepreneurs.euses du bien-vivre ! », youtube.com, 19 décembre 2018, https://www.youtube.com/watch?v=cv8VrQKliFE&t=21s

BESOMBES Jean-Yves et DESFORGES Marc, « Une formation pour entreprendre en faveur du bien-vivre », linkedin.com, 30 janvier 2019, https://www.linkedin.com/pulse/une-formation-pour-entreprendre-en-faveur-du-marc-desforges/

CLERGEAU Christophe, DESFORGES Marc, EZVAN Cécile, GILLI Frédéric, MOREL Camille (Collectif SmartCitizens), « La co-innovation citoyenne et le bien vivre ensemble : les deux faces d’une grande ambition ! », crois-sens.org, 06/04/2018, http://crois-sens.org/2018/04/06/tribune-co-innovation/ et http://crois-sens.org/wp-content/uploads/2018/04/tribune-Care.pdf

BRENGUIER Agathe, « Le Festival Utopic & Co 2018 célèbre sur le bien-vivre sur le territoire de Mirecourt(-Dompaire) et ses alentours », crois-sens.org, 5 octobre 2018, http://crois-sens.org/2018/10/05/le-festival-utopic-co-2018-celebre-sur-le-bien-vivre-sur-le-territoire-de-mirecourt-dompaire-et-ses-alentours/

BRENGUIER Agathe et MOREL Camille, « Expérimentation innovante en matière de santé et nutrition à Mirecourt », bien-vivre-maintenant.fr, 19 novembre 2018, https://bien-vivre-maintenant.fr/territoires/grand-est/mirecourt/experimentation-innovante/

DESFORGES Marc, « Qui est l’Entrepreneur du bien-vivre? », crois-sens.org, 30/05/2018, http://crois-sens.org/2018/05/30/qui-est-lentrepreneur-du-bien-vivre/ et http://crois-sens.org/wp-content/uploads/2018/05/Tribune-Entrepreneur-du-Bien-Vivre.pdf

DESFORGES Marc, « Et si vous deveniez Entrepreneur·euse du bien-vivre ? », linkedin.com, 9 décembre 2018, https://www.linkedin.com/pulse/et-si-vous-deveniez-entrepreneureuse-du-bien-vivre-marc-desforges/

MOREL Camille, « Des réunions publiques pour préparer le festival Utopic & Co », bien-vivre-maintenant.fr, 2 novembre 2018, https://bien-vivre-maintenant.fr/non-classe/reunions-publiques-utopic/

POULAIN Sebastien, « Inform’action pour un Festival UtopiC », crois-sens.org, 27 novembre 2018, http://crois-sens.org/2018/11/27/informaction-pour-un-festival-utopic/

POULAIN Sebastien, « « Redonner du sens à ma carrière » : formation EBV épisode 1 par Aurélie Legrand », crois-sens.org, 16 janvier 2019, http://crois-sens.org/2019/01/16/redonner-du-sens-carriere-formation/

« Une méthodologie efficace et des outils clés : formation EBV épisode 3 par Elodie Prouvost Dusart »

Idées de bonne année en Crois-sens !

Idées de bonne année en Crois-sens !

Idées

En cette journée de « Nuit des idées » (voir ci-dessous), il est temps de souhaiter la bonne année !

Pour cette année, nous promettons des idées en pagaille, mais aussi des partenariats et collaborations (avec des entrepreneurs.euses, chercheurs.euses, collectivités territoriales, ESS…), des webconférences, ateliers, des séminaires, des plateformes (réseaux sociaux Facebook, LinkedIn, YouTube, site internet, plateforme Bien-vivre Maintenant)…

Les idéaux ne tarderont pas à se matérialiser et ne resteront pas dans la nuit !

Voici notre dernière tribune :

https://www.linkedin.com/pulse/une-formation-pour-entreprendre-en-faveur-du-marc-desforges/

Nous allons en parler ce soir à 17h ici (Il faut s’inscrire !) :

https://www.lecampus.online/conferences/devenir-entrepreneur-du-bien-vivre-pour-accompagner-la-transformation-des-territoires

Bonne Année !!!!

Anne Barbarin, Jean-Yves Besombes, Agathe Brenguier, David Courpasson, Benjamin Desforges, Marc Desforges, Virginie Desforges, Cécile Ezvan, Aurélie Legrand, Camille Morel, Sebastien Poulain, Elodie Prouvost Dusart, Sandrine Tobie, Anne Vicente

Référence :

La nuit des idées : https://www.lanuitdesidees.com/fr/

BESOMBES Jean-Yves et DESFORGES Marc, « Une formation pour entreprendre en faveur du bien-vivre », linkedin.com, 30 janvier 2019, https://www.linkedin.com/pulse/une-formation-pour-entreprendre-en-faveur-du-marc-desforges/

Smart Région oui mais avec des Smartcitizens !

Smart RégionSmart région

Tout le monde connaît la « Smart city ». Un peu moins la « Smart région » ! Celle de l’Ile-de-France, vise à améliorer le bien-être des citoyens, promouvoir des usages durables, une meilleure inclusion des citoyens… via la « Smart plateforme 2030 » (concentrateur de données, double numérique 3D de la Région, services).

 

Mais attention, pas de « Smart région » sans Smart citizens !

 

Rappel :

Les Smart Citizens sont, pour nous, des citoyens (quel que soit leur métier, leur âge…) qui se rencontrent, échangent, lancent des projets… dans la cité pour améliorer le « Bien-Vivre Maintenant ». Nous travaillons sur la question à la Métropole de Lille, Mirecourt, Epinal

 

C’est d’autant plus important que l’Ile-de-France souhaite candidater à l’appel à manifestation d’intérêts « Territoires d’innovation de grande ambition (TIGA) » en se spécialisant sur le bâtiment ! D’où une politique d’investissement dans les tiers-lieux (230 dont 150 espaces de coworking dans les gares) et un « Mardis de la Smart Région » consacré à l’objectif de « construire et habiter le futur » le 4 décembre.

 

Or, selon nous, il n’y a pas non plus de bâtiment sans Smart Citizens ! D’où le nom de CitéoSquare (le lieu des citoyens) que nous allons aider à créer dans les tours nuage à La Défense Nanterre et bien d’autres lieux !

 

 

Sebastien Poulain

Chargé de recherche Crois-sens

 

Références :

 

BARBARIN Anne, « Crois-Sens expérimente le programme « Mon Pavillon et Moi » pour une massification de la demande en rénovation énergétique de maisons individuelles – Epinal (Vosges) », crois-sens.org, 28 septembre 2018, http://crois-sens.org/2018/09/28/crois-sens-experimente-le-programme-mon-pavillon-et-moi-pour-une-massification-de-la-demande-en-renovation-energetique-de-maisons-individuelles-epinal-vosges/

 

BRENGUIER Agathe, « Projet TIGA : Crois-Sens accompagne la Métropole Européenne de Lille dans sa stratégie de territoire « MELtamorphose » », crois-sens.org, 7 septembre 2018, http://crois-sens.org/2018/09/07/projet-tiga-crois-sens-accompagne-la-metropole-europeenne-de-lille-dans-sa-strategie-de-territoire-meltamorphose/

 

BRENGUIER Agathe, « Le Festival Utopic & Co 2018 célèbre sur le bien-vivre sur le territoire de Mirecourt(-Dompaire) et ses alentours », crois-sens.org, 5 octobre 2018, http://crois-sens.org/2018/10/05/le-festival-utopic-co-2018-celebre-sur-le-bien-vivre-sur-le-territoire-de-mirecourt-dompaire-et-ses-alentours/

 

DESFORGES Benjamin, « Crois/Sens fait partie du groupement lauréat du projet d’aménagement des Tours Aillaud à Nanterre La Défense », crois-sens.org, 30 octobre 2018, http://crois-sens.org/2018/10/30/crois-sens-fait-partie-du-groupement-laureat-du-projet-damenagement-des-tours-aillaud-a-nanterre-la-defense/

 

MOREL Camille, « Ollivier Lenot de la Caisse des Dépôts explique les enjeux de l’AMI « Territoires d’Innovation et de Grande Ambition » », crois-sens.org, 24 septembre 2018, http://crois-sens.org/2018/09/24/ollivier-lenot-de-la-caisse-des-depots-explique-les-enjeux-de-lami-territoires-dinnovation-et-de-grande-ambition/

 

POULAIN Sebastien, « Introduction au séminaire SmartCitizens », crois-sens.org, 13 septembre 2018, http://crois-sens.org/2018/09/13/introduction-au-seminaire-smartcitizens/

 

https://www.iledefrance.fr/toutes-les-actualites/smart-region-mettre-les-donnees-numeriques-service-franciliens

 

https://www.iledefrance.fr/tous-les-evenements/les-mardis-de-la-smart-region-construire-habiter-le-futur-ameliorer-la-qualite-de-vie-franciliens

Inform’action pour un Festival UtopiC

informaction

Dans sa méthodologie pour aborder et modifier le territoire, Crois-sens part du point de vue que nous avons tous besoin de débattre d’un projet territorial pour pouvoir éventuellement s’y investir et pour qu’il devienne un projet citoyen et participatif. Il s’agit de la phase que nous appelons « Inform’action ». Nous parlons d’ « Inform’action » car il s’agit d’informer et réfléchir pour mieux passer à l’action car informer fait déjà partie de l’action ! Concrètement, il s’agit de réunir différentes personnes éventuellement intéressées par un projet et voir comment elles réagissent aux premières idées, comment elles se les approprient et comment elles en proposent d’autres.

Nous considérons que trop d’événements sont organisés de façon verticale. On dit « top/down » en bon français ! Ils proviennent de la volonté d’un ministère, d’une collectivité territoriale, d’une grande ou moyenne entreprise, d’une association… sans forcément prendre en compte les projets que souhaitent développer les acteurs.rices locaux.les.

Pour expérimenter ce qu’on appelle (toujours en bon français !) le « bottom/up » (« Inform’action ») nous avons accompagné un Festival dans la ville de Mirecourt dans les Vosges (voir le compte-rendu d’Agathe Brenguier intitulé « Le Festival Utopic & Co 2018 célèbre sur le bien-vivre sur le territoire de Mirecourt(-Dompaire) et ses alentours » ci-dessous) grâce à nos entrepreneuses du Bien-Vivre (un nouveau métier que Marc Desforges a présenté dans la tribune « Qui est l’entrepreneur du Bien-Vivre? » (ci-dessous). Celles-ci ont eu un rôle moteur en pilotant le projet global mais en essayant surtout de s’appuyer sur toutes les compétences des habitant.e.s motivé.e.s pour changer leur ville et lancer de nouveaux projets en tant que bénévoles, entrepreneurs.ses ou salarié.e.s. Les entrepreneuses du Bien-Vivre ont pu s’appuyer sur les membres de la SCIC (société coopérative d’intérêt commun dont Crois-sens fait partie) : le café « L’UtopiC », l’association « La Bouée » et « La vie ensemble », la mairie de Mirecourt, Gille Caretti (directeur de l’Institut de Beau Joly) et tous les citoyens de la ville de Mirecourt.

C’est lors de rencontres et de débats que des liens se sont formés en vue de préparer le festival. Camille Morel a relaté ces trois débats dans un articles intitulé « Des réunions publiques pour préparer le festival Utopic & Co » ci-dessous.

En plus des débats Inform’action avant et pendant le festival, il y a eu débat-bilan le lundi 5 novembre 2018. Celui-ci permet de faire le tour de l’événement, de voir les atouts et les critiques et de s’améliorer pour une prochaine fois.

 

Sebastien Poulain

Chargé de recherche Crois-sens

 

Références :

BRENGUIER Agathe et MOREL Camille, « Expérimentation innovante en matière de santé et nutrition à Mirecourt », bien-vivre-maintenant.fr, 19 novembre 2018, https://bien-vivre-maintenant.fr/territoires/grand-est/mirecourt/experimentation-innovante/

 

BRENGUIER Agathe, « Le Festival Utopic & Co 2018 célèbre sur le bien-vivre sur le territoire de Mirecourt(-Dompaire) et ses alentours », crois-sens.org, 5 octobre 2018, http://crois-sens.org/2018/10/05/le-festival-utopic-co-2018-celebre-sur-le-bien-vivre-sur-le-territoire-de-mirecourt-dompaire-et-ses-alentours/

 

DESFORGES Marc, « Qui est l’entrepreneur du Bien-Vivre? », crois-sens.org, 30/05/2018, http://crois-sens.org/2018/05/30/qui-est-lentrepreneur-du-bien-vivre/ et http://crois-sens.org/wp-content/uploads/2018/05/Tribune-Entrepreneur-du-Bien-Vivre.pdf

 

MOREL Camille, « Des réunions publiques pour préparer le festival Utopic & Co », bien-vivre-maintenant.fr, 2 novembre 2018, https://bien-vivre-maintenant.fr/non-classe/reunions-publiques-utopic/

Réseaux dans la fabrique des territoires

Territoires et réseaux
Territoires et réseaux

Camille Morel et Sebastien Poulain, chargés de recherche de Crois-sens, participent le 15 novembre 2018 à un colloque sur les effets des réseaux sur les territoires à Grenoble.

Continue reading « Réseaux dans la fabrique des territoires »

Capabilités de Amartya Sen : une source d’inspiration majeure pour Crois-sens

Voici un article portant notamment sur l’approche des capabilités de dr Amartya Sen.

Dr Amartya Kumar Sen
Dr Amartya Kumar Sen

Certain.e.s ne connaissent pas encore tous les apports des travaux du Prix Nobel Dr Amartya Sen. Il a changé notre manière de penser le « développement » des sociétés. Celui-ci ne peut plus aujourd’hui se limiter à sa dimension économique (la croissance, le chiffre d’affaire, le PIB, le PNB) ou technique.

C’est ce que nous expérimentons à Mirecourt (lire ici) ou à Lille (lire ici) et c’est ce que nous allons faire à Nanterre (lire ici).

 

  1. Objets d’étude

Prix Nobel en 1988 pour ses travaux sur l’économie du bien-être, Amartya Sen est un économiste né en Inde en 1933. Du début des années 1970 au milieu des années 1980, il se concentre sur les questions de pauvreté, d’inégalités et développe une théorie du choix social. Du milieu des années 1980 à nos jours, il intègre à son analyse les problématiques de justice et de morale et étudie des situations réelles d’inégalité dans les pays en développement. A la croisée de l’économie et de la philosophie, il construit son analyse autour des concepts de « capabilité » et de « fonctionnement ». Il se démarque des théories usuelles, notamment utilitaristes, en donnant une grande place aux considérations éthiques.  Amartya Sen est considéré comme l’un des plus grands contributeurs à la théorie du développement humain. Son ouvrage de référence en la matière est Development and Freedom publié en 1999. Ses travaux ont aussi eu une résonnance particulière auprès des décideurs politiques et ont amplement participé à placer sur le devant de la scène les problématiques de développement humain.  Avec l’économiste pakistanais Mahbub ul Haq, il a coécrit le premier Rapport sur le Développement Humain des Nations Unies en 1990 ; il a par la suite contribué à l’élaboration d’indicateurs de développement humain.

 

 

  1. Principes développés : se recentrer sur les capabilités des individus

 

2.1 Le rejet de l’utilité comme critère de bien-être

Amartya Sen souhaite refonder nos critères d’évaluation du bien-être individuel et collectif. Largement dominant dans la science économique, le critère d’utilité prend en compte l’ensemble des plaisirs ou peines qu’une personne retire d’une situation. Elle est souvent réduite aux gains matériels et entendue à la seule échelle individuelle. Pour Amartya Sen, la notion d’utilité ne permet pas de prendre en compte toute une série de facteurs éthiques, moraux, immatériels pourtant essentiels comme la justice sociale, le dévouement au service des démunis ou la création artistique. Il est aussi important de prendre en compte l’origine des utilités : toute satisfaction de ses préférences n’est pas forcément bonne en soi, par exemple lorsqu’elle ne respecte pas les principes moraux (champ oublié du « welfarisme »).

 

2.2 La « capabilité » et les « fonctionnements » comme nouveaux critères d’évaluation du bien-être

L’auteur propose, comme alternative à l’utilité, « l’approche par les capabilités ». C’est une traduction libre du terme anglais « capability » qui est aussi traduit par « capacité ». Il s’agit d’évaluer les caractéristiques d’une personne et de son bien-être par ses « fonctionnements » mais aussi par ses « capabilités ».

Les « fonctionnements » font référence à ce qu’est ou ce que fait la personne.

Les « capabilités » renvoient, elles, à ce que la personne peut faire ou peut être, à la liberté qu’elle a de choisir l’un de ces fonctionnements pour mener le mode de vie qu’elle désire.

Voici comment il distingue les deux termes dans The Standard of Living :

« Un fonctionnement est une réalisation tandis qu’une capabilité est une aptitude à la réalisation. Un fonctionnement est, en ce sens, plus directement lié aux conditions de vie dans la mesure où il constitue différents aspects des conditions de vie. Les capabilités, au contraire, sont des notions de liberté, dans le sens positif : de quelles opportunités réelles disposez-vous au regard de la vie que vous pouvez mener » (Sen, 1987, p36)

Avec le critère de capabilité, le bien-être est alors défini comme la qualité d’existence d’une personne, comprenant la satisfaction propre à ses conditions de vie et les opportunités qui lui sont offertes. Il prend donc en compte les caractéristiques de la société dans laquelle vit l’individu, telles que les institutions, les normes sociales et les biens publics. Son approche invite à dépasser le cadre strictement économique pour avoir une vision plus globale et éthique des faits économiques et en particulier du développement.

 

2.3 L’application à l’économie du développement

 

  1. Le positionnement de l’économie du développement

Dans Development as Freedom (1999), Amartya Sen explique le développement est « un processus d’expansion des libertés réelles dont jouissent les individus ». A l’instar de la théorie du capital humain, il invite à dépasser la vision du développement uniquement envisagé sous le joug de la croissance du progrès technique dans laquelle les individus ne sont que des facteurs de production. Il est indispensable de prendre en compte le champ des compétences et des connaissances (i.e. le capital humain), et leurs externalités positives, pour comprendre les dynamiques de développement. Les investissements dans le secteur de la santé, de l’éducation et de la formation sont donc primordiaux.

Avec l’économie du développement, Amartya Sen souhaite aller plus loin que les théories du capital humain. Selon lui, il ne suffit pas de considérer le montant des investissements en termes d’éducation ou de santé, il faut observer en quoi cela affecte les réalisations des individus et les autres facteurs qui jouent sur ces dernières. Il faut donc orienter l’analyse sur les capabilités : est-ce que les individus sont véritablement en mesure de réaliser leur projet, de mettre en œuvre leurs compétences. C’est ce que Sen appelle « the need for empowering people ».

L’étude du développement devient alors multidimensionnelle :

– la santé

– l’éducation,

– la justice sociale,

– l’égalité entre les sexes,

– l’écologie.

Amartya Sen montre que le développement de l’individu et de la nation n’est favorisé que dans un environnement qui promeut l’égalité des chances, l’initiative individuelle et la créativité (cf. Tableau 1).

Théorie de la croissance Théorie du capital humain Théorie du développement humain
Rôle des individus Facteur de production Facteur de production et de développement (compétences, connaissance) Richesse réelle de la nation
Objectifs Améliorer de la condition de vie (PIB) Augmenter la productivité et soutenabilité de la croissance économique grâce à la production de connaissances et à l’éducation. Créer un environnement dans lequel les individus peuvent développer leur potentiel et leur créativité en fonction de leurs propres intérêts et besoins.

Tableau 1 : Comparaison des approches théoriques du développement extraites de Osmankovic et al. (2011)

 

  1. Les instruments de développement

Dans sa théorie du développement, la liberté des individus est envisagée sous un double visage :

– un objectif à atteindre (rôle constitutif),

– un moyen (rôle instrumental) sur lequel on peut jouer pour générer davantage de développement.

La liberté entendue dans son rôle constitutif évoque les capabilités élémentaires :

– les moyens de subsistance,

– l’alphabétisation,

– la libre expression.

 

C’est la finalité du développement humain. Le rôle instrumental des libertés « concerne la manière dont une grande variété de droits, de possibilités et d’acquis contribuent à l’expansion de la liberté humaine en général et, par conséquent, à la promotion du développement » (Sen, 2000, p47). Amartya Sen met en avant cinq libertés instrumentales, véritables leviers du développement qui agissent en interaction :

 Les libertés politiques : qui permettent la bonne marche du gouvernement par le peuple (démocratie, droit de vote, libre expression politique) ;

 Les facilités économiques : la liberté donnée aux individus d’utiliser les ressources économiques à des fins de consommation, de production et d’usage. Elle comprend aussi l’accès au financement ;

  Les opportunités sociales : les mesures en vue d’améliorer les conditions de subsistance (santé, éducation), qui favorisent aussi la participation politique et économique ;

 Les garanties de transparence : la confiance, la lutte contre la corruption et la fraude financière et économique ;

 La sécurité protectrice : les dispositifs étatiques en termes de justice sociale (protection sociale, allocations, fonds de secours).

 

  1. Apports et critiques

 L’approche par les capabilités de dr Amartya Sen offre un cadre novateur et pertinent pour étudier ce qui touche au développement, à l’innovation et aux inégalités. En 2004, l’association HDCA (Human Develoment and Capability Association) est créée par plusieurs chercheurs intéressés par la mise en pratique de cette approche. Cela met en lumière l’aspect porteur des capabilités en termes de politiques publiques. Par exemple, Anna-Maria Hoffman montre dans son article « The Capability approach and educational policies and strategies : Effective life skills education for sustainable development » (in Valérie Rebout, 2008) que l’approche des capabilités de dr Amartya Sen est très pertinente en matière de politiques éducatives :

 

– apprendre à connaître,

– apprendre à être,

– apprendre à vivre ensemble,

– apprendre à entreprendre.

 Un moyen de repenser les politiques de développement : une application du concept de capabilité : dans une longue étude sur la théorie d’Amartya Sen et ses applications en termes de développement, Valérie Reboud (2008) cite le programme de relance de la filière cotonnière afghane, mis en place par l’Agence Française de Développement en 2004, comme exemple de politique qui promeut les conditions réelles de la liberté positive. En Afghanistan, les cultivateurs préféreraient avoir le choix de produire du coton plutôt que du pavot (condamné par leur religion et facteur d’instabilité). Dans la situation actuelle de conflit et de forte de pauvreté, la culture du pavot s’est développée dans le Nord et le Nord-Est du pays car elle assure des revenus supérieurs aux cultivateurs. Plutôt que de lutter contre la production de stupéfiants par la contrainte (destruction des plantations), le programme s’est justement attaché à opérer sur les choix des cultivateurs en offrant une alternative réelle à la culture du pavot. Une filière intégrée a été mise en place pour donner aux habitants les moyens effectifs de pratiquer une autre production et de relancer la culture cotonnière :

 

– « sécuriser l’approvisionnement des producteurs, l’accès au crédit et la commercialisation de leur production ;

– assurer un conseil technique pour améliorer la productivité des cultures de coton et de blé cultivées en assolement ;

– collecter et transformer le coton en fibres et en huile et commercialiser ces produits ».

 

 L’approche des capabilités de dr Amartya Sen s’impose par sa richesse tant au niveau des sujets traités que des angles de recherche adoptés. Les critiques qui lui ont été adressées sont toutes aussi diverses et peuvent porter selon les cas sur la dimension économique, philosophique ou empirique de ses travaux. Nous nous limiterons ici aux reproches faits à l’auteur présentés par Valérie Reboud (2008) sur les difficultés d’application de son approche par les capabilités :

La difficile évaluation des libertés : pouvoir distinguer entre ce qu’une personne fait et ce qu’elle peut faire nécessite de pouvoir raisonner par contrefactuel. Or, l’observation du champ des possibles d’un individu s’avère délicate voire impossible. C’est pourquoi, en pratique, les études sur le développement préfèrent se cantonner à évaluer la qualité de vie à travers les fonctionnements et non les capabilités.

L’approche individualiste : la notion de capabilité est exclusivement individuelle, même si elle prend en compte certaines caractéristiques de la société. Avec ce concept, Amartya Sen néglige la notion de groupe et la structure sociale. Les phénomènes collectifs (syndicalisation, forces des relations sociales et réseaux, …) mériteraient d’être inclus dans l’analyse.

Une vision trop statique : des chercheurs du Centre d’économie et d’éthique pour l’environnement et le développement (C3ED) reprochent l’aspect trop statique des capabilités. Leurs travaux visent à introduire une optique dynamique en insistant sur la soutenabilité du développement.

 

  1. Conclusion :

Pour faire face aux deux dernières critiques, Crois-sens essaye de travailler sur des projets collectifs (festival, légumerie…) et avec des outils collectifs (la société coopérative SCIC) ce qui crée des dynamiques.

En ce qui concerne la critique sur l’évaluation, nous prenons aussi en compte les recherches plus récentes des chercheurs.ses comme Cécile Renouard, Cécile Ezvan, Hélène Lhuillier…, qui insistent d’ailleurs sur la dimension collective, en utilisant l’« Indice de Capacité Relationnelle » (ICR) (2018). Il s’agit d’évaluer les projets à différents moments de leur réalisation.

 

  1. Références ;

5.1 Références pour mieux comprendre les capabilités de dr Amartya Sen :

HOFFMAN Anna-Maria, « The Capability approach and educational policies and strategies : Effective life skills education for sustainable development », in Valérie Rebout (sous la direction de), Amartya Sen : un économiste du développement ?, Agence Française de Développement, Paris, 2008.

OSMANKOVIC Jasmina, JAHIC Hatidza et SEHIC Ensar, « Education in Economic Theory », Journal of Economics and Business, vol. IX, 2011.

REBOUD Valérie (sous la direction de), Amartya Sen : un économiste du développement ?, Agence Française de Développement, Paris, 2008.

SEN Amartya, « The Standard of Living Lecture II : Lives and Capabilities », in Geoffrey Hawthorn (sous la direction de), The Standard of Living, Cambridge University Press, 1987.

SEN Amartya, Un nouveau modèle économique : développement, justice et liberté, Odile Jacob, 2000 (Development as Freedom, Oxford University Press, New York, 1999).

RENOUARD Cécile, EZVAN Cécile & LHUILLIER Hélène, « Measuring relational capabilities: a relational view of the firm », in A Relational Approach to Stakeholder Engagement: A research anthology. Edited by A. Lindgreen, F. Maon, J. Vanhamme, B. Palacios Florencio, C. Strong, and C. Vallaster, Ashgate, 2018, forthcoming.

RENOUARD Cécile & EZVAN Cécile. Corporate social responsibility towards human development: A capabilities framework. Business Ethics: A European Review, Volume 27, Issue 2 , 2018 :144-155, https://www.researchgate.net/publication/322601935_Corporate_social_responsibility_towards_human_development_A_capabilities_framework.

 

5.2 Références pour mieux comprendre comment Crois-sens :

BRENGUIER Agathe, « Projet TIGA : Crois-Sens accompagne la Métropole Européenne de Lille dans sa stratégie de territoire « MELtamorphose » », crois-sens.org, 7 septembre 2018, http://crois-sens.org/2018/09/07/projet-tiga-crois-sens-accompagne-la-metropole-europeenne-de-lille-dans-sa-strategie-de-territoire-meltamorphose/

BRENGUIER Agathe, « Le Festival Utopic & Co 2018 célèbre sur le bien-vivre sur le territoire de Mirecourt(-Dompaire) et ses alentours », crois-sens.org, 5 octobre 2018, http://crois-sens.org/2018/10/05/le-festival-utopic-co-2018-celebre-sur-le-bien-vivre-sur-le-territoire-de-mirecourt-dompaire-et-ses-alentours/

DESFORGES Benjamin, « Crois/Sens fait partie du groupement lauréat du projet d’aménagement des Tours Aillaud à Nanterre La Défense », crois-sens.org, 30 octobre 2018, http://crois-sens.org/2018/10/30/crois-sens-fait-partie-du-groupement-laureat-du-projet-damenagement-des-tours-aillaud-a-nanterre-la-defense/

 

Dr Sebastien Poulain

Chargé de recherche chez Crois-sens

 

Cœurs de ville : comment les réenchanter ?

Cœurs de ville

Alors que vont être signés des conventions pour le Plan d’Action Cœur de Ville dans les villes moyennes, Marc Desforges signe une nouvelle tribune stratégique pour les réenchanter.

Elle est intitulée « Comment réanimer les CŒURS de ville en améliorant le reste-à-vivre de nouvelles populations ? » et fait le buzz actuellement sur Linkedin : 101 J’aime, 8 commentaires et 18 partages au 31 octobre 2018 !

 

Exemples de commentaire :

« Dans un contexte social perçu comme incertain, l’habitat participatif pourrait constituer une alternative, un autre monde de penser le logement à condition que ces projets ne servent pas à la marge ou à destination de quelques privilégiés ! Une chose est sure, la « participation » devient pour les collectivités locales un impératif de la cohésion sociale et du développement urbain durable et solidaire. » (Hadjira Farzad, Directeur du développement économique, de l’emploi et de l’innovation à la Mairie de Nanterre)

« Une belle idée qui mérite d’être creusée. La force du collectif peut nous permettre de relever nombre de défis. Le concept présenté ici d’« entrepreneur du bien vivre », nouvel hybride qui crée son emplois à fort impact social local, va beaucoup plus loin que le « concierge de quartier ». Il ne s’agit plus de gérer des services mais bien de créer de l’impact. Très intéressant. Marc, comment prévoyez-vous d’évaluer / mesurer les impacts ? Quels sont vos indicateurs ? » (Joris Gaudion, Fondateur de Rue Des Idées)

Un dernier commentaire sur notre philosophie cœurs de ville :
« approche intéressante en ce qu’elle met en lumière une nouvelle vision du concept croissance …et qu’elle doit avant tout permettre une réappropriation par les habitants de ce qu’est le lien social…. » (Denis Heftre, Président du Groupe ADH conseil en ressources humaines)

 

A lire ici.

 

Cela coïncide parfaitement avec la nouvelle que nous venons d’avoir à propos de Nanterre où nous allons pouvoir déployer notre projet « Bien-Vivre Maintenant ». A lire ici.

 

Bonne lecture !

 

Références :

DESFORGES Marc, « Comment réanimer les CŒURS de ville en améliorant le reste-à-vivre de nouvelles populations ? », linkedin.com, 25 octobre 2018, https://www.linkedin.com/pulse/comment-r%C3%A9animer-les-c%C5%93urs-de-ville-en-am%C3%A9liorant-le-marc-desforges/

DESFORGES Benjamin, « Crois/Sens fait partie du groupement lauréat du projet d’aménagement des Tours Aillaud à Nanterre La Défense », crois-sens.org, 30 octobre 2018, http://crois-sens.org/2018/10/30/crois-sens-fait-partie-du-groupement-laureat-du-projet-damenagement-des-tours-aillaud-a-nanterre-la-defense/

Cœurs de ville

 

Dr Sebastien Poulain

Chargé de recherche Crois-sens

Sebastien Poulain
Sebastien Poulain

Les espaces d’expérimentation et d’innovation font bouger les lignes sociétales

Fête de la science 2017 à La Paillasse
Fête de la science 2017 à La Paillasse

Les cafés participatifs (Café l’Utopic), auberges participatives (Alter’hostel Auberge participative), écolieux (Saulcy EnVert), réseaux de laboratoires interdisciplinaires (La Paillasse), tiers lieux (CitéoSquares), maison du doctorant (docdoor), co-working, living lab, « Urban Labs » (laboratoire urbain), SCIC… sont des espaces de frottement, d’expérimentation et d’invention des nouveaux modes de vie, de nouvelles formes urbaines, organisationnelles et manières de faire.

Continue reading « Les espaces d’expérimentation et d’innovation font bouger les lignes sociétales »

Interprétation de l’AMI « Territoires d’Innovation et de Grande Ambition » par Frédéric Gilli et Marc Desforges

Séminaires SmartCitizens
Séminaire SmartCitizens 15 juin 2017

Nous avons récemment présenté les séminaires SmartCitizens, et rendu compte de l’intervention du 13 juin 2017 d’Olliver Lenot, responsable du programme « Territoires d’Innovation de Grande Ambition » à la Caisse des Dépôts et Consignations, venu nous présenter les enjeux de cet AMI . Il s’agit présentement de rendre compte des réactions de Frédéric Gilli (fondateur-directeur associé de l’Agence Grand Public) et Marc Desforges (président-fondateur de Crois-Sens).

Leurs trois interventions ffilmées sont ici.

Continue reading « Interprétation de l’AMI « Territoires d’Innovation et de Grande Ambition » par Frédéric Gilli et Marc Desforges »